A l’abordage du « Pavillon noir » !

A l’abordage du « Pavillon noir » !

13 mars 2018 2 Par L'Equipe PauseCulture.fr

«COO ! »

Plongés aux fins fonds des eaux troubles de la mer des Caraïbes, les pirates nous encerclent. Nous sommes entre le XVIe et XVIIe siècle, les navires sont nombreux à se faire piller.

Non, nous ne parlerons pas des pirates du XVIIe siècle mais des pirates sur le net. Ils sont le revers de l’évolution des technologies. Nous parlerons donc des « cyber-pirates ».

La nouvelle pièce de théâtre du Collectif OS’O en collaboration avec le Collectif Traverse, nommée « Pavillon noir » nous plonge dans leur univers.

 

Euuuh…

Une femme monte sur scène et demande aux spectateurs de « couper » leur téléphone portable. Jusque là, rien d’anormal. Elle insiste sur le fait qu’il faut les éteindre : pas en mode vibreur, pas en mode silencieux, pas en mode avion. Éteint. Cela dure un petit moment jusqu’à ce qu’un homme entre sur la scène par le rideau à l’arrière. Il se moque, chante, danse… Nous, en tant que spectateur, on se demande ce qu’il se passe. « C’est quoi ce délire ?! » Et bien non, il s’agissait du spectacle.

 

Pavillon noir : De quoi parle la pièce ?

Au début de la représentation, nous sommes un peu perdus. La pièce a du mal à se mettre en place. De petites histoires nous permettent de nous familiariser avec les personnages via la mise en scène de la soirée des attentats du 13 Novembre 2015 en France par exemple.

Dans l’histoire principale, les acteurs du collectif jouent le rôle d’une bande de pirates qui se donnent pour mission d’exfiltrer une jeune femme de son pays vers le leur. Le décor, délimité par un carré de néons de couleur blanche, constitue l’espace de discussion virtuel des jeunes amis.

« Coo ! » : cette expression revient à de nombreuses reprises à chaque fois que les acteurs rentrent dans le carré. Elle permet aux spectateurs de comprendre la situation. « Coo ! » signifie « connecté ». En tant que spectateur, nous devons nous imaginer une conversation de groupe où chacun d’eux converse. Ils se réunissent régulièrement pour faire le point sur leur mission.

Pavillon noir - photo du Collectif Traverse (couverture Facebook)

Raph et Zoé : un duo tuto à suivre

Entre deux scènes, ces deux personnages nous présentent des tutos qu’ils publient sur leur chaîne YouTube. Ils nous expliquent avec humour divers termes technologiques tels que le « bitcoin ». Il s’agit d’une monnaie virtuelle, nous disent-ils. Ce sont de courts moments grotesques et par extension, hilarants.

C’est avec le sourire au lèvre que nous rencontrons ce duo, comme celui de Nico et de sa soeur.

Nico et sa sœur

Pavillon noir - photo du Collectif Traverse (couverture Facebook)

Le personnage de Nico est d’autant plus intéressant que les précédents. Vif, plein de vie, il nous présente sa version de la technologie en nous parlant des « métadonnées ». D’après son explication, on peut décomposer le mot en deux parties : « méta » étant un préfixe que l’on peut traduire par « après » et, « données » correspondants aux informations sur les pages web, les sms, les mails… Ce qui équivaut à dire que les métadonnées sont des informations cachées aux utilisateurs.

Quant à sa sœur, elle est la caricature des jeunes youtubeurs qui ne sont pas à l’aise face à la caméra.

 

Une véritable satire de la société actuelle !

 

Le Collectif OS’O : le groupe réponds à nos questions !

D’où vous est venu l’idée de la piraterie ?

Nous n’avions aucune idée avant le coup de foudre avec le Collectif Traverse (groupe d’auteurs). Nous sommes un équipage, il n’y a pas de metteur en scène. Il y a juste autant de comédiens et d’auteurs. On critique par le biais de la piraterie la société, a commencé par le début de la sécurité sociale et le commerce triangulaire. Tout commença par ce point là.

« Darknet », « Deepnet », « métadonnées », « bitcoin ». Vous n’avez pas peur de perdre vos spectateurs avec ces termes technologiques ?

Non, pas du tout. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a à certains moments des tutos qui expliquent justement ces termes. On comprend qu’ils mènent une attaque de pirates.

Comment effectuez-vous vos recherches ?

Les recherches sont très variées, nous utilisons des romans, des films, des documentaires… Afin d’être le plus proche de la réalité, et le plus honnête face à notre public.

« DÉCO ! »