La Place Royale ou l’Amoureux extravagant

La Place Royale ou l’Amoureux extravagant

16 novembre 2019 0 Par PauseCulture.fr

« La Place Royale »

La Place Royale ou l’Amoureux extravagant est une œuvre de Corneille écrite en 1634. Elle fut remaniée par Claudia Stavisky pour notre plus grand bonheur. On retrouve sur scène un escalier massif accueillant toute la scène. Les acteurs le montent et  le descendent avec légèreté ou gravité, s’y cachent, s’y aiment ou s’y déchirent…

Un amour déroutant

Tout débute par une scène où Physis et Angélique discutent de leurs amours et amants. Les deux amies ont des attentes bien différentes : Physis souhaite être libre, passer d’une aventure à l’autre sans attache, tandis qu’Angélique ne souhaite que l’amour infaillible d’Alidor. 

Un plan incertain… 

Alidor, plein de doutes et désireux de liberté décide de refuser l’amour que lui donne sans concession Angélique. Il se met alors à lui mentir avec mépris espérant ainsi mettre fin à une situation où il croit se perdre… Pour Alidor, perdre sa liberté en épousant une femme – bien qu’il en soit éperdument amoureux – c’est mourir et perdre l’essence de son âme.

Cléandre, un des nombreux amants de Physis, présente les raisons de son mal-être face aux choix d’Alidor, son meilleur ami. En effet, Cléandre est lui-même fou amoureux d’Angélique et souhaite plus que tout la posséder. 

C’est ainsi que, tout simplement, Alidor, désireux de chasser ses sentiments, promet donc à Cléandre de faire souffrir Angélique afin qu’elle se console dans ses bras. Alors qu’Alidor met en application son stratagème, Angélique trouve finalement le chemin des bras de… Lysis, frère de Physis ! Il lui promet amour et mariage. De dépit, trahie et humiliée par les propos d’Alidor, Angélique accepte.

Ce n’était pas le but d’Alidor ! Ses sentiments pour Angélique décuplent et il souffre de ne pas avoir pu tenir la promesse faite à son ami Cléandre en lui confiant Angélique.

Il décide donc de reconquérir le cœur d’Angélique et lui propose de s’enfuir avec lui le jour-même de son mariage avec Lysis mais dans l’idée de l’unir à Cléandre ! Dans la chambre d’Angélique, il dépose donc à l’attention de sa famille une lettre dans laquelle il indique qu’Angélique s’est enfuie avec Cléandre. Ainsi, déshonorée, elle n’aura d’autre choix que d’accepter d’épouser Cléandre.

La Place Royale ou l’Amoureux extravagant - 2
© Simon Gosselin

…chassés-croisés amoureux

La suite du complot consiste à enlever Angélique alors qu’elle pense aller retrouver Alidor. Que la promesse lui soit lue et que les liens, dorénavant incassables, l’unisse par obligation à Cléandre.

Mais lors de cet enlèvement, Phylis, sortie retrouver Angélique, est prise pour cette dernière ! Enlevée, elle est conduite à Cléandre. Finalement après de multiples joutes verbales, Physis et Cléandre, jusqu’alors amants, se découvrent des sentiments et se promettent amour et bienveillance. 

Alidor est pris à son propre piège : il comprend qu’il ne peut vivre sans l’amour d’Angélique quitte à renoncer à sa liberté. Mais sa bien-aimée Angélique ne lui accordera pas son pardon.

Découvrant la trahison, Angélique n’accepte pas de n’être qu’un objet de convoitise que l’on s’approprie ou que l’on cède à son ami sans tenir compte de ses sentiments. Seule, immensément triste car de nouveau trahie, Angélique décide d’entrer au couvent. 

Alidor et Lysis se meurent d’amour pour Angélique pendant que Cléandre et Physis s’unissent.

Le destin maitre du jeu ?

Une pièce intemporelle qui parle avec justesse de sentiments et d’Amour. Bien que le vocabulaire et la langue soit très riche et soutenue, ce thème est aisément transposable à la jeunesse d’aujourd’hui. Cette jeunesse qui n’arrive plus à aimer « simplement », qui va liker sans cesse mais pour qui il est toujours aussi facile de jouer avec les sentiments et de trahir.

La Place Royale ou l’Amoureux extravagant, une pièce pleine de contradictions où l’on rit, on doute. On se prend au jeu et on pronostique qui s’unira avec qui ! La prestation des jeunes acteurs est à souligner car le texte était très difficile à interpréter et ils l’ont fait tout en jouant subtilement avec le public.


Article rédigé par Lucile Vacherie du Conseil municipal des jeunes de Brive