Delta Charlie Delta

Delta Charlie Delta

2 mars 2019 0 Par PauseCulture.fr

Compagnie du Samovar –Justine Simonot

« Une histoire tragique »

27 octobre 2005. 39 minutes 43 secondes. Une date et le temps qu’il faut pour perdre la vie. Deux vies précisément et une autre détruite. Peu de temps et pourtant tant à raconter. 

«  Une histoire inoubliable » 

Une course poursuite, une cachette, un mur. Ce que représente le transformateur EDF ce jour là.

Un seul adolescent survivra, seulement…

Des amis. Des avenirs. En quelques secondes tout est fini…

« Un contexte » 

« Tout le monde court parce que tout le monde court ». Aucune explication, aucune excuse, « on courait parce que ceux de derrière couraient ». Un appel c’est tout ce qu’il a fallut. Un contrôle de police et la panique s’est répandue. 

Bouna Traoré, Zyed Benna, Muhittin Altun, arrivés récemment  en France, ont fuit. Ils ont fuit un contrôle parce qu’ils n’avaient pas leurs papiers d’identité sur eux. Obtenus depuis peu, ces papiers si précieux sont à l’abri de la perte, du vol… C’est ce qui  les pousse à fuir les forces de l’ordre. Pourquoi? On ne sait pas, « on court et c’est comme ça ».

« Une phrase »

 « S’ils rentrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau ». La phrase est prononcée à la radio de service par un policier. Cet homme les laissera cependant entrer. On connait la suite dramatique.

Impuissance du policier ? Méconnaissance du danger ? Mise hors de question injustifiée du policier ? Il y a tant de questions… Cette pièce est une réponse quant à cette tragédie? Elle retracera les faits et donnera tous les éléments pour permettre  aux spectateurs de construire leur propre avis…

« Bouna Traoré, Zyed Benna, Muhittin Altun »

Les trois personnages ont 15 ans et 17 ans. Deux courtes vies seront trop vite ôtées.

Tout au long de la pièce on peut entendre la voix des 2 jeunes disparus et de ce jeune rescapé. Rescapé ? Est-ce le juste mot lorsqu’on est vide de l’intérieur ? Comment vivre après avoir été le seul survivant ? Comment oublier, lorsque le corps garde des marques de ce jour si particulier, où un choix a tout fait basculer ? Les hurlements, les odeurs, les visages mutilés… Voilà les souvenirs qui sont restés, hantant chaque pas, chaque pensée de Muhittin.

La mise en scène choisie est à double tranchant. D’un coté, l’absence de décor, l’absence de costume permet au spectateur de se focaliser uniquement sur les paroles des acteurs. Mais de l’autre, il y a l’ennui et le décrochage qui se produisent de par la platitude des paroles. Le début est captivant car l’histoire s’inspire d’un fait réel et nous informe. Mais, la durée de la pièce a tendance à perdre le spectateur et reste une version des faits.


par Lucile Vacherie, CMJ de Brive