Un amour impossible

Un amour impossible

3 avril 2018 0 Par Hugo De Almeida

« Un amour impossible » est l’adaptation théâtrale du roman autobiographique (du même nom) de Christine Angot.

Tout commence dans un appartement d’une ZUP (Zone à Urbaniser en Priorité) de Châteauroux. Rachel Schwartz, jeune femme de religion juive, se lève tous les jours pour assurer notre Sécurité Sociale. Alors que nous sommes pendant la Seconde Guerre mondiale, Rachel fait la connaissance d’un homme, Pierre. Il est interprète. Tout deux feront un enfant, Christine. Elle, naïve, sa mère ignorante. Alors qu’une famille aurait pu se construire, Pierre quitte sa compagne et sa fille, sans même la reconnaître : « Sur mon livret, c’est marqué : née d’un père inconnu ». Pire encore, celui-ci abusera de sa fille. C’est l’histoire d’un amour maternel.

On aura un enfant, mais on ne s’en occupera pas

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L’amour maternel

Cette pièce de théâtre est un hommage à la mère. Il n’y a que deux acteurs sur scène et la fille tend à s’effacer au profit de la mère. En effet, la pièce est d’abord un témoignage de l’amour insatiable d’une mère pour sa fille. Elle vit convenablement dans la ZUP, mais aurait aimé mieux pour voir grandir son enfant. Celle-ci d’ailleurs, n’a qu’elle au monde, ne connaissant pas son père. Il était resté quatre ans avec Rachel avant de s’envoler pour l’Egypte, pour le boulot. Elle aura l’occasion de le rencontrer un soir, dans un hôtel de Strasbourg : « Il est tellement intelligent » dit-elle. Plus tard, elle ira même passé une semaine entière avec lui. Peu à peu, Rachel sent sa fille s’éloigner d’elle, mais ne fait rien.

Bulle Ogier, l’actrice qui joue le rôle de Rachel, ne présente aucune émotion. On pourrait dire qu’elle est inactive dans la vie. Elle se contente d’attendre.

Pierre, un père indigne

Pendant une semaine, Pierre prend sa fille avec elle pour qu’ils puissent faire plus ample connaissance.

Il m’a parlé comme du poisson pourri !

Christine n’a que 12 ou 13 ans (elle est en 5e) et est encore loin de tout savoir de la vie. Pourtant, ce n’est pas ce qui a empêché Pierre de hurler sur sa fille, lui disant qu’elle était mal-élevée parce qu’elle avait oublié de remettre une bouteille de lait au frigo après avoir déjeuné.

Pierre côtoie les Allemands nazis. Alors forcément, avoir une relation avec une Juive n’était pas bien vu. Par conséquent, on peut le qualifier d’orgueilleux, de plus d’être indigne vis-à-vis de sa fille. Pire encore, il n’obéit pas aux règles fondamentales universelles, et en particulier à celle du viol. En effet, lorsqu’il reviendra à Châteauroux pour revoir sa famille, il violera Christine. Rachel, quant à elle, ne voit rien et ne verra rien toute sa vie.

Une représentation simple

La pièce se déroule en trois grands moments de la vie de Christine :

  • L’enfance : elle vit seule avec sa mère
  • L’adolescence : fait la connaissance de son père, connaît le viol
  • L’âge adulte : la reconstruction d’une vie

Les deux femmes échangent, autour de différents décors : un canapé, une table, une planche à repasser. Nous sommes plongés dans la vie d’une mère et de sa fille qui, la vie saccagée par un homme, tentent de recréer des liens.

Décor : un canapé, un tapis

Décor : une table et des chaises

 

L’amour pour la mère est le lien dont son tissés tous les autres liens

Christine Angot, citation issue de Conférence à New-York, parue dans La Nouvelle Revue Françaisen n°614, Gallimard, septembre 2015