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UCI World Tour Féminin : place à 2021

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Après une saison cycliste 2019/2020 des plus originales que l’histoire du cyclisme ait connue, il est temps de se tourner vers l’avenir. 

Laissons 2020 de côté, et focalisons nous sur 2021. Aujourd’hui, penchons-nous sur le cyclisme féminin. 

Fort de 22 épreuves, le calendrier cycliste féminin est une des disciplines les plus interessantes à suivre. Panache, attaque, offensive… Tant d’adjectifs peuvent être employés pour qualifier les courses classées UCI World Tour Féminin. 

Qui succèdera à Lizzie Deignan ?

La saison 2020 a vu le sacre de l’anglaise Elizabeth dite « Lizzie » Deignan, avec 1622 points. Cette dernière coiffe au poteau sa coéquipière à la Trek-Segafredo, Elisa Longo Borghini, d’une petite soixantaine de points. La saison a en effet été très disputée, car si l’on regarde le détail des courses, on remarque que les podiums sont assez différents d’une épreuve à une autre.  

Calendrier UCI World Tour Féminin 2021. (Dicodusport)

Cependant, comme stipulé au départ, la saison 2020 a été très spéciale. Sur les 22 épreuves, seulement 11 ont pu être maintenues. 

De ce fait, en admettant que le calendrier cycliste 2021 puisse se dérouler sans accroc, qui serait la candidate idéale pour succéder à Lizzie Deignan pour le classement UCI World Tour 2021 ? Autrement dit, qui sera la meilleure coureuse du monde cette année. 

Trek-Segafredo : candidat à sa propre succession

Le titre a de grandes chances de rester au sein de l’équipe Trek-Segafredo. En effet, l’équipe américaine, en plus d’avoir dans ses rangs Lizzie Deignan (la tenante du titre), compte l’un des effectifs les plus complets du circuit. Parmi cet effectif plusieurs atouts.

Lizzie Deignan remportant La Course By Le Tour 2020, devant Marianne Vos. (The Guardian)

Le premier atout se nomme Elisa Longo Borghini. N’ayant aucun lien de parenté avec Jeannie Longo, elle ne porte pourtant pas ce nom pour rien. Très offensive, l’italienne incarne le cyclisme que l’on aime voir. Troisième du dernier Giro Féminin, l’italienne est une excellente baroudeuse. C’est elle-même qui se caractérise ainsi. En effet, après sa victoire lors du Tour des Flandres 2015, elle se définit comme étant une mauvaise sprinteuse. Elle ajoute donc naturellement que « je suis toujours la plus lente dans une échappée, j’avais donc à partir seule ».

Elisa Longo Borghini lors d’un contre-la-montre. (Rai Sport)

Le second atout n’est autre que la française Audrey Cordon-Ragot. La saison 2020 a été radieuse pour la bretonne : championne de France et 5ème aux championnats d’Europe. La native de Pontivy aura à coeur d’accompagner les meilleures sur cette nouvelle saison. 

Audrey Cordon-Ragot célébrant son titre de championne de France 2020. (Libération)

Enfin, la troisième étincelle peut venir d’Ellen Van Dijk. En plus d’être hollandaise, c’est-à-dire une nationalité de championne en terme de cyclisme, elle est aussi une spécialiste du chrono. Van Dijk décroche aussi régulièrement de bonnes places. Sa médaille de bronze sur Liège-Bastogne-Liège 2020 en témoigne. 

Les deux néerlandaises : phénoménales !

Évidement, il est impossible de parler de titre mondial sans parler des deux fusées hollandaises. Anna Van Der Breggen et Annemick Van Vleuten seront bien évidement de la partie en 2021.

Véritable spécialiste du chrono, Van Vleuten pourra compter sur ses qualités de rouilleuse pour engranger un maximum de résultat. On connait aussi cette dernière comme étant amatrice des courses sur « cailloux ». Elle a en effet remporté les deux dernières éditions des Strade Bianche. Elle peut espérer briller sur la nouvelle épreuve féminine, Paris-Roubaix, ou encore sur l’Amstel Goldrace, où elle a terminé deuxième en 2019.

Annemick Van Vleuten lors des Strade Bianche 2020. (Peloton Magazine)

Ensuite, bien qu’hollandaise, Van Der Breggen est un véritable couteau-suisse. Sur chaque course, elle est la coureuse à surveiller. Si elle n’a pas remporté le classement UCI World Tour Féminin en 2020, elle ne manque pas pour autant de victoires. Elle a été : championne du monde en ligne et en contre la montre, championne d’Europe du contre la montre, Tour d’Italie, Flèche Wallone. 

Anna Van Der Breggen s’imposant aux mondiaux d’Imola en septembre 2020. (Dicodusport)

On a vraiment du mal à ne pas la considérer comme ultra favorite pour cette nouvelle saison.

Lipper/Brennauer : mieux que Ulrich et Klöden au début des années 2000 ?

Si les hollandaises sont particulièrement en vue, les allemandes n’ont pas pour autant à rougir.

En effet, les coureuses Liane Lippert et Lisa Brennauer sont elles aussi à surveiller. 

Liane Lippert remportant la Cadel Evans Great Ocean Raid Race 2020. (Today Cycling)

Liane Lippert est l’une des révélations de la saison 2020. Vainqueur de la première course du calendrier, la Cadel Evans Great Ocean Raid Race, elle a frappé fort d’entrée pour montrer son intention de venir s’installer au très haut niveau. Pari réussi, puisqu’elle décroche de nombreuses places d’honneur. Sa 5ème places aux mondiaux, ou ses tops 10 sur la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège nous confirment qu’elle est une coureuse à prendre désormais très au sérieux. 

Lisa Brennauer et Primoz Roglic, lauréats de le Vuelta 2020. (Getty Images)

Lisa Brennauer est une coureuse pouvant faire penser à Van Vleuten. Très à l’aise sur le chrono, comme nous le montrent ses nombreux titres de championne d’Allemagne de la spécialité. Elle est aussi extrêmement régulière sur les courses dites « du Nord ». En 2020, elle réalise des podiums sur les Trois Jours de la Panne et sur Gand-Wevelgem. Elle réalise 5 tops 10, notamment sur des courses prestigieuses comme les mondiaux ou le Tour des Flandres. Enfin, elle est lauréate de l’ultime course de la saison : la Madrid Challenge by La Vuelta. On le sent dans ses résultats, il ne manque vraiment pas grand chose à l’allemande pour devenir une véritable référence du cyclisme féminin. Il faudra donc suivre sa saison 2021 avec attention. 

Mystère et suspense ?

Bien évidement, le cyclisme est une pratique qui réserve une très grande part de surprise. À titre d’exemple, personne n’aurait cru en la saison exceptionnelle de Marc Hirschi si quelqu’un l’avait annoncé en janvier 2020. De ce fait, il est totalement possible qu’une coureuse vienne bousculer l’ordre des choses. Je ne fais ici que des pronostics sur les coureuses qui me semblent être les plus aptes à briller en cette nouvelle saison. 

Mais la saison ne débutera pas exactement comme tout le monde l’aurait souhaité. En effet, la crise sanitaire perdurant, la Cadel Evans Great Ocean Raid Race est d’ores et déjà annulé. Rendez-vous donc en mars, avec les Strade Bianchi en guise d’amuse bouche, pour voir qui seront les prétendantes les plus sérieuses pour devenir les championnes de la petite reine.  


Écrit par Samuel Bauguil

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