Le Petit Braquet

Le Petit Braquet

1 septembre 2020 0 Par Samuel Bauguil
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Tout amateur de cyclisme ne se satisfait pas uniquement de regarder une course en direct. Après chaque épreuve, une émission entière est dédiée à l’analyse de ce que nous venons de vivre. Mais souvent, nous avons tendance à ne pas juger de « grandiose » certaines performances hors-normes que nous avons vécu en direct. C’est en revoyant les images, avec du recul, que nous nous sentons estomaqué par ce que nous avons jadis vu. 

La personne que nous présentons aujourd’hui a justement choisi de consacrer son temps libre à remettre au goût du jour les grands exploits et évènements cyclistes. Depuis 2017, Dylan s’attelle, sur sa chaîne YouTube appelée Le Petit Braquet, à nous présenter le cyclisme sous sa forme épique.

Alors, entre deux « Étapes de légende », venez apprendre à connaitre ce jeune breton, bercé dans le monde du cyclisme, qui comptabilise maintenant plus de 20 000 abonnés, et qui a eut la gentillesse de bien vouloir répondre à nos questions.

Interview du Petit Braquet

Qui se cache derrière le Petit Braquet ?

PauseCulture (PC) : « Salut le Petit Braquet ! Avant de rentrer dans le vif du sujet, pouvez-vous vous présenter en quelques lignes, afin de mieux vous connaître ? »

Le Petit Braquet (LPB) : « Je m’appelle Dylan, j’ai 23 ans et je viens de Bretagne. Mais je rentre en Licence de Science Politique à Lille cette année donc je vais découvrir les terres flandriennes ! »

PC : « D’où vient cette passion pour vélo ? »

LPB : « J’ai la chance d’avoir grandi dans une famille qui aimait le vélo. Du côté maternel, j’ai eu un grand-père qui était un dingue de vélo, il a participé au Paris Brest Paris dans les années 70/80. Il faisait beaucoup de course à pied aussi, il avait couru à travers le monde entier. Ma grand mère l’avait justement rencontré sur un podium de course. Du côté paternel, mon autre grand père avait failli faire le Tour de France avant la guerre.

J’ai été élevé sur les bords de route, j’ai des photos de moi dans les bras de mes parents sur le Tour de France 1999, j’étais aux Championnats du Monde de Plouay en 2000, j’avais à peine 4 ans. Mais le vrai déclic ça a été en 2004, mes parents avaient pris un abonnement CanalSat et j’étais tombé sur la Vuelta 2004 sur Eurosport. Depuis je n’ai jamais lâché, et lorsque j’étais au collège, je m’empressais de rentrer le plus vite possible pour ne pas louper de étapes du Giro (Tour d’Italie) ou de la Vuelta (Tour d’Espagne). »

Il rajoute : « On va dire que je me suis construit à travers les commentaires de Patrick Chassé et Jacky Durand pour lesquels j’ai un immense respect. »

Couverture d’un livre retraçant le déroulement des Championnats du Monde de cyclisme 2000 à Plouay. (LIV’éditions)

PC : « Donc, on peut dire que votre premier grand souvenir cycliste est la lutte acharnée entre Roberto Heras et Santiago Pérez sur les routes espagnoles en 2004 (30 secondes seulement séparent ces deux hommes au classement final) ? Ou avez-vous des souvenirs plus anciens ? »

LPB : « Mon premier grand souvenir de vélo c’est Richard Virenque au Mont Ventoux en 2002. »

PC : «  En effet, c’est une montée qui a marqué le début des années 2000. La considérez-vous aussi comme étant votre plus grand souvenir ? »

LPB : « Non pas particulièrement.  C’est dur de trouver le plus grand souvenir. Je pense que c’est un peu tôt pour le dire mais Thibaut Pinot au Prat d’Albis en 2019 sera sans doute un de mes plus grands souvenirs parce que je n’ai jamais été aussi ému. J’hurlais devant ma télévision ! »

Thibaut Pinot attaquant Egan Bernal au Prat d’Albis en juillet 2019. (Bettini Photo)

PC : « Evidement, on ne peut nier que sa performance fut l’une des plus spectaculaire et émouvante qu’un coureur Français nous ait proposé sur le Tour de France depuis pas mal d’années… D’ailleurs, quelle est votre course préférée ? »

LPB : « J’adore la Vuelta ! »

PC : « Et votre coureur préféré (en activité ou retraité) ? »

LPB : « Thibaut Pinot et Alejandro Valverde sans hésiter ! »

Parlons bien, parlons Youtube…

PC : « Parlons maintenant de votre chaîne Youtube. Tout d’abord, félicitation pour le travail que vous réalisez. À chaque nouvelle vidéo, la qualité du montage et de l’écriture est de mieux en mieux, vous êtes une équipe au top ! »

Nous rajoutons : « D’où vous est venue l’idée de lancer cette chaine Youtube ? »

LPB : « Et bien d’abord merci. Je faisais des vidéos depuis des années sur YouTube auparavant. J’étais en décrochage scolaire et je cherchais à m’occuper. J’avais l’expérience des logiciels de montage que je maîtrisais plutôt bien. Au départ, j’avais une chaîne « humoristique » qui était calamiteuse, ensuite j’ai dérivé vers un format plutôt émission, fortement inspiré par Antoine Daniel (un youtuber humoriste, connu pour son émission What The Cut). C’était un format où au lieu d’essayer d’être drôle, je présentais des humoristes anglophones ou francophones et où je décortiquais leurs ressorts humoristiques. Ça prenait vraiment bien mais je me suis lassé très vite. Ce n’était pas ce que je voulais faire.

J’étais vraiment découragé donc je me suis dit « autant faire ce que j’ai envie ». Ça faisait des années que je voulais faire des vidéos de cyclisme. Mais je pensais que ça n’intéresserait personne. J’ai mis mes états d’âmes de côté et j’ai réalisé Les Étapes de Légende, le numéro 1 était sur Contador à l’Angliru pour définir un concept. J’ai fait un deuxième épisode, un troisième et ça a commencé à prendre un petit peu. La vraie éclosion c’est après la vidéo de Froome au Giro et les Duels de Légende 1. La chaîne a pris beaucoup d’abonnés à partir de là. On vient de dépasser les 20 000 abonnés très récemment. Je n’avais jamais espéré autant. »

Passage à 20 000 abonné sur la chaine YouTube du Petit Braquet. (Twitter du Petit Braquet)

PC : « Vous avez bien fait d’écouter la petite voix au fond de vous alors, car au risque de me répéter, vous faites quelque chose de vraiment très bon. D’ailleurs, le travail paye. En effet, nous avons appris il y’a quelques temps que vous cherchez à agrandir votre équipe de travail. Combien êtes-vous à oeuvrer sur la chaîne ? Comment vous organisez-vous ? »

LPB : « J’avais essayé d’agrandir l’équipe de travail et de diversifier la chaîne. J’avais voulu qu’on lance un site, il y avait une équipe de rédacteur, des développeurs etc… Mais on avait vu trop grand trop vite. Je collabore avec des gens qui m’ont pas mal aidé notamment dans l’écriture et dans des effets spéciaux au montage, mais c’est moi qui ai la main sur tout. »

PC : « Aussi, pouvez-vous me dire dans l’écriture de quelle vidéo avez-vous pris le plus de plaisir ? »

LPB : « Je pense que la vidéo où j’ai pris le plus de plaisir doit être Les Duels de Légende 1, avec Contador contre Schleck. »

PC : « Le 5 août est sorti sur votre chaîne le premier épisode de la série Tour de France 1903. Cette initiative est pleine d’audace de votre part, puisque personne, à ma connaissance, n’a fait un aussi bon exposé du déroulement de la première Grande Boucle ! Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans un tel projet ? »

LPB : « J’avais besoin de défi. Je pense avoir fait le tour de certains concepts et je voulais donner une certaine profondeur à la chaîne. J’avais surtout traité du cyclisme des années 2000, mais j’avais à coeur de faire du rétro. 1903 est l’occasion pour moi de le faire en y incorporant une dimension beaucoup plus historique et politique du Tour de France. »

PC : « Avant de terminer, que peut-on vous souhaiter pour le futur ? »

LPB : « Que Thibaut Pinot gagne le Tour de France 2020 ! »

PC : « On ne pourrait rêver mieux comme souhait ! » 

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