Une conflictualité persistante

Une conflictualité persistante

4 mai 2019 0 Par Hugo De Almeida

Les nouveaux visages de la guerre

Au XXe siècle, le monde a connu des conflits d’ampleur encore jamais égalée : des guerres mondiales. Ces guerres sont devenues totales, intégrant des sociétés entières dans le conflit.

Aujourd’hui, les conflits prennent une toute autre nature : ils opposent de plus en plus des entités non-étatiques (groupes rebelles, organisations terroristes…) qui utilisent ce qu’on appelle la « guerre de harcèlement ». En effet, face à un Etat, un groupe rebelles n’a pas les mêmes ressources et donc ne peut pas faire face aux pouvoirs étatiques. Dans cette situation de conflit dit asymétrique, les mouvements rebelles utilisent la guérilla (comme les FARC en Colombie), la prise d’otages voire le terrorisme dans le but d’affaiblir psychologiquement l’ennemi.

Mise en place d’une justice internationale

Face à ce nouveau type de conflictualité, la communauté internationale tente de mettre en place une justice pénale internationale pour donner un cadre juridique aux conflits. Cela a commencé à la fin de la Seconde Guerre Mondiale durant le procès de Nuremberg en 1945-1946. 22 dignitaires y ont été jugé dont la moitié accusée de « crime contre l’humanité ». Pendant la Guerre Froide, les tribunaux internationaux se sont multipliés, tous temporaires, mais nous montrent la volonté de la communauté internationale de créer une justice pénale. De cette façon, le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a été mis en place en 1993 afin de juger des personnes physiques soupçonnées de crime. A partir de 2002, le TPIY a organisé le premier procès d’un chef d’Etat : Slobodan Milosevic. Il a été inculpé pour crime contre l’humanité avant le mourir en prison en 2006.

Depuis 2011, la communauté internationale est passée à un stade supérieur en créant la Cour Pénale Internationale (CPI) par le statut de Rome. La CPI est un tribunal permanent établi à La Haye dans le but de juger les auteurs de crimes (de masse, contre l’humanité, de guerre…). Mais des Etats ayant signé le statut de Rome ne l’ont pas ratifié : les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Les Etats-Unis ont même commencé à développer des accords bilatéraux appelés Bilateral Immunity Agreements » (BIA) avec certains pays, visant à ne remettre ni les ressortissants américains ni ceux de ces pays à la CPI.

Aujourd’hui, alors que le nombre de conflits de diminue pas sensiblement, la justice internationale semble perdre de sa légitimité. En effet, un certain nombre de pays africains (Burundi, Gambie, Afrique du Sud…) ont annoncé depuis 2016 leur intention de quitter le statut de Rome en accusant la CPI d’exercer une justice néocoloniale.

Peut-on établir une justice internationale ? Peut-elle s’exercer si elle n’est pas reconnue par les grandes puissances mondiales ? Les dissensions qui les divisent semblent prendre le dessus…