Rencontre avec Frédéric Le Hech

Histoire de la Corrèze

Professeur d’Histoire-Géographie au lycée d’Arsonval de Brive-la-Gaillarde, Frédéric Le Hech met ses connaissances à notre service et retrace notre Histoire.

J’aime bien faire des recherches historiques pour moi mais elles ne deviennent intéressantes que si on peut les mettre au service des autres.

Après l’Histoire de Beaulieu-Sur-Dordogne ou l’Histoire sur Brive-la-Gaillarde, l’auteur vise cette fois-ci plus haut et rassemble en seul livre, l’Histoire de la Corrèze. Cultivé ou non, chacun d’entre nous est capable de comprendre le contenu de cet ouvrage : chaque mot est pesé pour permettre la meilleure compréhension du lecteur.

L’idée, ici, c’était d’avoir dans un seul ouvrage les connaissances synthétiques.

Nous avons approché son auteur lors de la 36e Foire du Livre de Brive et nous lui avons posé quelques questions.


D’abord, comment mesurez-vous l’importance de l’Histoire avec un grand “H” ?

C’est fondamental en fait. On peut vivre sans histoire. Il y a plein de gens qui vivent sans mais il n’en reste pas moins que de connaître l’Histoire ça aide à éclairer le présent. C’est en ça qu’elle est intéressante. Moi je trouve que partir de rien c’est un peu dommage. On a des racines et il faut les connaître parce qu’elles permettent de grandir. Aussi, on peut aussi aller contre son Histoire. On peut prendre des voies détournées mais à partir du moment où l’on sait d’où l’on vient, c’est toujours plus intéressant que de partir de nulle part.

Cette passion pour l’Histoire, est-elle innée ?

Je sais que je veux faire prof d’Histoire depuis que j’étais en cinquième. Comme souvent, ça m’est venu d’une prof. Elle m’a fait adorer l’Histoire. Et à partir de là, je me suis dit : « tu feras prof d’Histoire ou tu ne feras rien ». Alors j’ai fait fac d’Histoire et j’ai tout fait pour réussir.

Est-ce que cette écriture va au-delà de votre passion et a pour objectif de partager vos connaissances ?

C’est exactement ça. J’aime bien faire des recherches historiques pour moi mais elles ne deviennent intéressantes que si on peut les mettre au service des autres. Mon idée, c’est vraiment pas de m’adresser à des spécialistes. C’est de m’adresser à tous les publics. Mais ça, c’est mon côté prof je pense. Donc quand j’écris un bouquin j’essaie de me mettre à la place d’un Corrézien et je me dis : « qu’est-ce qu’il va l’intéresser ? Et s’il n’est pas spécialiste de l’Histoire, comment je fais pour l’intéresser ? ». C’est mon but . […] Mon côté prof fait que je suis pédagogique, j’essaie d’expliquer le plus clairement possible les choses.

Vous avez beaucoup de connaissances mais pour ce qui est du reste, j’imagine que vous avez dû faire quelques recherches. Comment vous y prenez-vous  ?

Les recherches se font sur des archives essentiellement. Le principe même de l’Histoire, c’est de croiser les documents. C’est-à-dire de croiser les sources pour essayer d’arriver au plus près de ce qu’a été la réalité historique. […] Il y a les archives départementales à Tulle où il y a énormément de documents. Il y a également les archives municipales à Brive. Aussi, il y a plein de gens qui ont des archives privées, des choses qui se sont transmises dans les familles, ça reste dans les greniers généralement.

 

Revenons à votre dernier ouvrage qui vous a demandé un an et demi d’écriture.  Est-ce que vous pouvez nous expliquer, en quelques mots, de quoi traite-t-il exactement ?

L’idée, ici, c’était d’avoir dans un seul ouvrage les connaissances synthétiques. Elles ne sont pas aussi détaillées que dans un livre précis. L’Histoire de la Corrèze retrace son Histoire depuis ses origines jusqu’à nos jours. C’était-à-dire depuis 200 000 ans puisque les premières traces humaines remontent à 200 000 ans, […] jusqu’à 2017. L’idée du livre était d’utiliser les recherches les plus récentes qui sont faites par les historiens, mais qui sont très éclatées et pas accessibles au grand public, afin de les condenser dans un livre pour qu’elles soit  accessibles à tout le monde.

L’idée encore c’est que  quand quelqu’un cherche une information sur le XIXème siècle et qu’il regarde le chapitre dédié à ce siècle, qu’il se dise tout de suite : « Et bien voilà !  J’ai l’essentiel de ce qu’il s’est passé au XIXème siècle en Corrèze ».

Comment est-il construit ? L’avez-vous écrit en cas par cas ?

Non. Quand j’aborde un thème, je vais prendre un ou deux exemples dans des endroits différents du département. Eux-mêmes servent d’exemples à beaucoup de gens. Et les gens peuvent comprendre que dans leur village, même si ce n’est pas celui qui est traité, ça a pu se passer de la même manière. […] C’est comme ça que j’ai fait. J’ai essayé, pour varier les exemples, de prendre quelques cas un peu en haute Corrèze, en moyenne Corrèze, basse Corrèze, pour que tous les gens s’y retrouvent.

Pourquoi se pencher seulement sur la Corrèze ?

Parce que je suis Corrézien, tout simplement. Je suis né à Brive, je suis de Beaulieu et je suis parti pour mes études mais je suis revenu ici. J’habite toujours à Beaulieu et c’est mon département de cœur. Je suis un passionné de la Corrèze. C’est mon histoire.

Un projet au niveau régionale ?

On pourrait, il y aurait pas mal de choses à faire. Et puis ce serait bien que cela soit fait par des Corréziens parce que quand il y a des histoires qui sont faites sur le Limousin par les gens de Limoges, ils ont un tout petit peu tendance à oublier le bas Limousin, c’est à dire la Corrèze. […] Mais c’est un travail plus compliqué encore.

Cela fait combien de temps que vous écrivez maintenant ?

Mon premier bouquin est sorti il y a 10 ans. C’était une histoire de Brive, en 2007. Et là, je viens d’écrire mon cinquième livre.

 

 

Propos de F. Le Hech, recueillis par Pause Culture,

Le samedi 11 novembre 2017,

À la Foire du Livre de Brive

5 réflexions sur “Rencontre avec Frédéric Le Hech

  1. Bonjour à toute l’équipe de Pause Culture.
    bravo pour votre travail, sincèrement !
    la retranscription de mon interview est très fidèle.
    de plus, j’ai fait plusieurs interviews avec des journalistes « pros » et franchement, vos questions sont de loin les plus pertinentes !
    Continuez, c’est vraiment bien et cela mérite d’être connu et encouragé !
    Fred Le hech

    1. Bonjour Monsieur !
      Ravi que cela vous est conquis. Il est rare de rencontrer des auteurs locaux aussi passionnés. Ce fut un plaisir de vous interviewer. J’ai bien aimé cette rencontre et j’espère bien pouvoir venir vous revoir à votre prochain ouvrage. Que la Corrèze soit avec vous !!!

    2. Je vous remercie au nom de l’équipe Pause Culture pour votre retour plus que positif !!
      Cela nous permet de nous projeter toujours plus loin !

      Même si nos questions étaient pertinentes, vos réponses l’étaient aussi. Et c’est cela qui permet un article comme celui-ci !

      À très vite, je l’espère..!

  2. C.est interview est tout simplement magnifique.Tu es un génie Hugo tu iras loin.J.espere que Pause Culture va t’ aider pour te faire connaître. Tu mérites encore plus et j’espère que tu suivras les traces de Frédéric Lehec

    1. Ce blog vit grâce à ses abonnés qui réagissent et qui partagent avec nous leur passion pour l’écriture.
      C’est exactement le genre de commentaire qui fait vivre Pause Culture.

      Merci !

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