Corinne Champougny et ses ouvrages sur ses enquêtes de Brive

Rencontre avec Corinne Champougny

Pour son treizième ouvrage, Corinne Champougny, professeur de français, à Brive (19), nous livre une histoire remarquable sur son commissaire coléreux : Rondeau. C’est lors de notre rencontre que nous lui avons posé quelques questions sur son dernier ouvrage qui plus est, est le cinquième de l’aventure Rondeau. S’intitulant Souris, tu ne peux pas tous les tuer (Rondeau is back !). Une suite ? Pour le savoir, elle a répondu à toutes nos questions sans exception.

Comme pour tout auteur, on se demande leur raison d’écrire, à savoir ce que cela leur apporte… Voici la réponse de Corinne Champougny :

Pour moi c’est une fenêtre, ça me permet de m’évader, de sortir un petit peu du milieu scolaire et je pense que j’écris les livres que j’aimerais lire. Donc plus tôt que de chercher des livres que je ne trouve pas, je les écris tout simplement.

 

A partir de ce moment, les questions se sont enchaînées.

 

Comment se passe l’auto-édition ? Est-ce difficile comme démarche ?

Alors, j’ai plusieurs livres qu’ont été édités chez de “vrais éditeurs”. Et ça, c’est un choix que j’ai fait parce que je voulais un format poche, hors dans les maisons d’éditions classiques, on me proposait que les grands formats avec des prix élevés. Alors que moi, je voulais un format poche avec un petit prix. Je voulais une couverture qui fasse un petit peu comme les polars des romans de gare comme dans les années 50. Donc comme je ne trouvais pas ce que je voulais, je les fais moi-même et puis j’ai beaucoup apprécier parce que je suis le produit de A à Z.

C’est vraiment mon bébé parce que quand on passe par une maison d’édition, très vite le roman nous échappe. Alors selon les maisons d’éditions – certaines sont sympas, ils nous laissent encore un petit peu la main – mais il y en a d’autres qui change carrément le titre, choisissent la couverture, choisissent le format, choisissent le prix, choisissent tout et on a l’impression que le livre nous échappe. […] Alors ça pose le problème évidemment du lectorat parce que c’est un livre qui n’est pas beaucoup diffusé, on le trouve que dans la région ou sur internet mais ça ne me gène pas parce que moi, je n’ai pas besoin de… Je n’en vie pas, c’est vraiment pour le plaisir. J’ai un lectorat très fidèle qui me suit et qui s’est où trouver mes livres. Donc moi, cela me suffit largement.

 

Pourquoi une série sur Brive et ses monuments ?

Quand j’écris, je pars toujours d’un lieu. Donc là, je pars d’un lieu différent de Brive. Bon, j’ai écrit d’autre roman qui se passent en dehors de Brive. Mais c’est vrai que dans mon esprit, le point de départ, c’est un lieu. Je parle du lieu que je connais.

 

Pourquoi avoir choisis le thème de meurtre ? De policier ?

C’est de la parodie de roman policier, c’est pas un roman policier, vraiment. C’est de la parodie. Je reprend tous les clichés de romans policiers actuels. Donc ça commence toujours par un meurtre, si possible dans un endroit bizarre, le commissaire est atypique (parce que c’est un clichés), le faux coupable un moment, c’est un cliché aussi. Il y a la vie personnelle en parallèle des personnes que l’on suit d’un roman à l’autre. Donc là, c’est le cinquième donc on voit l’aboutissement de leur vie personnelle donc c’est un cliché parce que dans tous les romans ça se fait comme ça. Je m’amuse beaucoup. Je me moque des romans policiers.

Après, il y a deux lectures : le lire au premier degré : lecture facile, légère, je m’amuse tout en suivant une intrigue policière ; on peut le lire au second degré en voyant que c’est une parodie. Mais je n’ai pas beaucoup de lecteurs qui le prennent au deuxième degré. Rires !!! Mais c’était le but.

 

On sent une véritable énergie dans votre écriture. Est-ce que l’écriture vous libère ?

Oui, ça me libère, c’est mon style d’écriture. Tous mes romans sont comme ça. J’ai une écriture très dynamique. C’est vraiment ma façon d’écrire. Je veux dire, il y a deux fils conducteurs dans tous ce que j’écris parce que j’écris des choses très différentes, j’écris pour les tous petits, j’écris pour les ados, j’écris pour les adultes. C’est que j’ai une écriture dynamique et y a souvent de l’humour. Il n’y a qu’un seul livre qui est de la prose poétique où il n’y a pas du tout d’humour, c’est plutôt complètement déprimant. Ça s’appelle Une virgule d’acier. Celui là est complètement à part. Sinon, tous les autres, il y a cette espèce de dynamique parce que je crois que c’est ma façon de fonctionner. Je suis quelqu’un qui va assez vite. C’est une chose que je refuse de formater. C’est ma façon d’être.

 

Vous critiquez beaucoup les hommes. Pourquoi dont ?

C’est vraiment de la caricature. Non mais Cédric, il est gentil. […] Je m’étais rendu compte, qu’il y avait beaucoup de personnages masculins dans mes romans. Et c’est pour ça que j’ai parlé d’un petit peu plus de la femme Cédric, Isabelle. Je trouvais que je la mettais un petit peu de côté et j’avais tendance à focaliser un petit peu sur le milieu très masculin du commissariat : Rondeau, Cédric, ses collègues, etc… Et j’ai laissé un peu de côté les femmes. C’est pour ça que dans celui-ci, on voit un peu plus les compagnes. Et c’est vrai que les compagnes, alors elles maltraitent un petit peu leur conjoint mais ça c’est pour faire de l’humour ; parce que c’est un peu trop facile que ce soit toujours l’homme qui maltraite la femme. Donc j’ai dit que j’allais inversé les rôles. Voila. Mais c’est de la caricature.

 

Vous parlez assez fréquemment de la vieillesse et de la vieille déjantée. Pourquoi ?

Alors moi, j’aime bien justement le prendre avec humour parce qu’on montre toujours les vieux malades, dépressif et à deux à l’heure. Donc je me dis, çà serait bien de mettre des vieux un peu plus rigolo parce qu’il faut lutter avec humour.

Il y a souvent des petits vieux dans mes histoires assez déjantés. Et là, je suis entrain d’écrire un texte qui n’est pas du tout de cette série mais qui se passe dans un tout petit village, où il y a un groupe de vieux qui vont faire la vie très dur au maire, mais vraiment très très très très très dure. Ils ont des projets et ils ne vont pas le lâchés. Je m’amuse beaucoup !

 

Pourquoi cinq tomes ?

Au début, j’en ai écrit qu’un et en faites, ce sont les lecteurs qui m’ont demandés “Alors, alors, une suite, une suite”. Parce que maintenant, tout fonctionne par suite. Je n’étais pas du tout parti là dessus et puis bon, on s’attache aux personnages. Moi, j’ai l’impression qu’ils existent vraiment, de les croiser dans la rue. Je suis complètement jeté moi. Et donc, j’ai écrit un deuxième, troisième… C’est vraiment à la demande des lecteurs. Le cinquième, je ne voulais pas écrire, j’en avais assez. J’étais parti sur autre chose complètement différentes. Mais je l’ai quand même écrit, j’avais une demande, l’année dernière, j’avais rien écrit, un texte pour enfant. Enfin, j’ai fait deux petits romans pour enfant (7/10 ans).

Je ne crois pas qu’il y est un sixième tome. J’ai pas envie mais après on verra.

 

Pas de meurtre à Arsonval alors ?

Alors ca, j’y ai pensé parce que je pars par des lieux. J’ai fait la bibliothèque, le Rex, la Foire du Livre, le marché de Brive, parce que le premier, les petits vieux, c’est plus dans les rues de Brive, c’est plus dispatché.

Ca me gène d’écrire sur le lycée, ca va être très compliqué. Il va falloir vraiment que je change les profs, les caractéristiques parce qu’à chaque fois y a quelqu’un qui croit se reconnaître. Dernièrement, j’ai écrit un bouquin pas encore édité que j’ai fait lire à quelqu’un et qui a cru se reconnaître. Alors que vraiment ce prénom… Je n’arrive plus a trouvé des prénoms. A chaque fois, on croit se reconnaître. Ca peut-être parfois un trait de caractère mais c’est pas vrai. […] C’est très compliqué d’écrire en local sans que quelqu’un ne se reconnaisse et le prenne mal. Alors à d’Arsonval, je me dit “Ou la la… La c’est…”. Peut-être plus tard quand je serais à la retraite. Mais là pour l’instant, c’est vraiment très très compliqué.

 

Dans les romans de Corinne Champougny, on remarque qu’il y a beaucoup de film énoncés, qui sont pour la plus part inventés.

A quel niveau cinéphile appartenez-vous (selon vous) ?

Alors, moi, le problème, c’est que j’adore le cinéma. Un moment, j’ai enseigné l’option cinéma à d’Arsonval (Brive). Et mon fils fait des études de cinéma. Il est en master de cinéma. Et donc on baigne dans le cinéma dans la famille. C’est mon univers.

 

Votre cinéma : CGR ou Rex ?

Moi, je ne vais jamais au CGR. Les films qui passent au CGR m’intéresse rarement. Je suis abonnée au Rex. Je vais au Rex. Ce n’est pas par snobisme. C’est vraiment les films qui m’intéressent. Donc le CGR, j’y suis peut-être allé une ou deux fois quand mon fils était petit pour les super-productions hollywoodiennes. Je me suis battu et fait la manif pour le Rex quand ça a failli fermé. J’y étais.

 

Et pour tout auteur de roman, la fameuse question :

Pourquoi faut-il lire ?

Parce que c’est la vie. C’est la vie. Je disais qu’écrire, c’est une fenêtre, mais lire c’est une fenêtre. C’est important. Alors je pourrais dire, côté prof de français, permet d’avoir du vocabulaire, de la culture, etc… Ça c’est juste évident. Mais c’est pas tout. On se créait un univers. On se créait des images parce qu’à la télé, on nous impose des images. Dans la lecture, on se les créer nous même. Donc on se créait notre propre univers. C’est à dire qu’on nous présente quelques choses et à partir de ces choses là, on se créer quelque chose. Et ça, c’est fabuleux. Ça développe l’imagination puis c’est une vraie liberté. On nous impose tout le temps des choses dans la vie donc c’est bien de temps en temps d’avoir cette liberté. Pour moi, c’est ça la lecture.

 

Un petit bonus !

Corinne Champougny et ses ouvrages sur ses enquêtes de Brive
à la Foire du Livre de Brive-la-Gaillarde,
le samedi 11 novembre 2017

Que pouvez-vous nous dire sur la couverture ?

Alors les quatre premiers, c’est une collègue d’Arts Plastiques. Ensuite, celui-ci, c’est François Champy qui m’a fait plein de couverture de plein de livre, pas de cette série mais de plein d’autre. C’est un ancien copain de mon fils, que j’ai eu en cours d’ailleurs. Je prend mes élèves. J’utilise mes élèves. Je les rentabilise. Faut que ça servent à quelque chose les élèves. Rires !!! Ce sont que des connaissances.

On pourrait se dire que le fait d’écrire, de publier et d’avoir dans ses mains son ouvrage, pourrait nous émouvoir, avoir quelques larmes de joie, de l’exitation… Et c’est là où l’on se rend compte que Corinne Champougny est vraiment très spéciale. Vraiment.

Je suis un peu spéciale moi. Quand j’ai vu mon premier roman. Je me suis dit, ça va me faire quelque chose de l’avoir et tout. Rien ! Rien du tout. Pourtant j’étais persuadé que cela me ferait quelque chose. J’ai du mal à suivre le bouquin.

 


 

Une formidable rencontre, une auteure a suivre de très prêt !

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