Le passage – Partie 2

Le passage – Partie 2

17 avril 2018 0 Par Valentin Delbreil

            Une identité dont je ne connais rien, une vie dont je ne connais rien. Tout allait bien ! Cela résumait bien l’ambiance de ma vie. À regarder autour de moi, tous les éléments qui m’entouraient, à imaginer ce que j’avais fait ou pas, à me questionner sur ce qu’était ma vie. Étais-je un délinquant ? Non, sûrement pas. Un sans-abri ? Cela m’aurait étonné. Je ne pouvais encore définir ce qu’était ma vie et je ne remercierai jamais assez ce chasseur. Je n’avais jamais vu une personne aussi simple et aimable que lui.

            Nous retraversions une fois de plus cette forêt. J’étais certain qu’il se cachait dans celle-ci des choses étranges. J’avais vu une silhouette. Je l’avais vu de mes propres yeux comme je me voyais dans le rétroviseur. Sans y faire attention, mon regard se posa sur un arbre. Il était énorme, de couleur « vert luisant ». Il m’intriguait, attirait mon regard, mais j’essayais de ne plus y penser. La découverte de mon identité devait rester mon objectif premier.

            Je demandais au barbu si la route était encore longue. Il m’annonça qu’il y en avait pour peut-être quelques heures et que nous devrions passer la nuit sous les étoiles. Les minutes défilaient comme une bobine de laine.

        Nous étions arrêtés dans un petit chemin rejoignant un pré à deux ou trois kilomètres de l’arbre. Installé inconfortablement sur la banquette arrière du bolide avec mon manteau en guise de couverture. J’avais les pieds et les mains tout gelés. Je ne trouvais pas le sommeil. Je me remémorais des souvenirs, pensais à ma vie (ou en tout cas ce qu’il m’en restait). Je ne savais pas comment j’avais fait pour arriver jusqu’ici. Je ne savais pas comment faire… Ça m’énerve ! Je ne cessais de tomber au sol toutes les cinq minutes. Cette voiture et mes pensées étaient vraiment trop inconfortables !

 Je m’extrayais, tout ankylosé, du véhicule pour prendre une bouffée d’air frai. Avais-je de la fièvre, des hallucinations ?… Le pré était habité par de jolies petites créatures, très étranges elles aussi. Le froid était extrême, mortel. Je frissonnais.

        Du coin de mon œil droit, je vis la silhouette une fois de plus. Je n’en croyais pas mes yeux. Je me les frottais pour être bien sûr que je ne rêvais pas. Elle était là, plantée dans la forêt à une certaine distance de moi. Cette fabuleuse forêt où il me semblait l’avoir vue lors de mon premier trajet avec le chasseur. Et où j’avais aperçu le « vert luisant ». On se serait cru dans une histoire des milles et une nuit ou du côté de chez Alice.

            Je croyais qu’elle essayait de me transmettre un message. Mais pourquoi agitait-elle ses bras de haut en bas ? Elle voulait me dire quoi ? Peut-être qu’il fallait que je la suive. Elle était où ma lampe de poche ? Ah oui, dans la boîte à gants. Et hop ! C’était parti. Je ne disait rien au chasseur. De toute façon, je serais rentré avant le lever du soleil. Enfin, je l’espérais… D’un pas sûr et ferme, je marchais en sa direction. J’avais l’impression d’être fou ! Comme dirait le chasseur, j’étais encore sous l’effet de l’alcool. Bof ! Pas grave, je m’en foutais, il fallait que je la suive. Je commençais à marcher vers elle mais elle semblait me fuir. Si elle m’appelait, pourquoi s’enfuyait-elle ? Je courais un peu plus vite en essayant de la rattraper. Elle courrait vite cette petite. Une championne. Je parcourus je ne sais quelle distance, elle allait beaucoup trop vite pour moi. J’avais l’impression qu’elle flo… « Aïe! Mince ». Je venais de trébucher. Je m’affalais. Quelle poisse ! Je la voyais s’éloigner au loin bondissant par dessus les branches, les rochers de Mère Nature. En effet, elle ne marchait pas. Elle flottait !

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