Carrie, Lettre X, « Ma vie », 1991

Carrie, Lettre X, « Ma vie », 1991

27 février 2018 0 Par Hugo De Almeida

Le soleil fait enfin son apparition à l’horizon. S’élevant progressivement au-dessus de l’océan, des couleurs se répandent dans le ciel. Je me lève et m’approche de l’eau pour contempler ces couleurs. L’eau, venant s’écraser contre la coque du bateau, me monte au visage avec douceur. Je reste plusieurs minutes, les cheveux dans le vent, la tête haute, regardant à l’horizon et savourant ce moment synonyme de liberté.

En ce jour qui marque un tournant dans ma vie, la question que je me posais la veille tient sa réponse. Rester. Il sera encore difficile, une fois arrivée sur le continent, de faire face aux difficultés de la vie. C’est cachée, dans ce porte-conteneurs, que j’écris cette dernière lettre qui, je l’espère, marquera la fin de mois difficiles à vivre. Je ne réalise pas encore que je suis ici et plus là-bas. Plus sur cette île qui me faisait si mal. Quelle chance j’ai eu de trouver un bateau, paraissant tomber du ciel, alors que jusqu’ici, l’île semblait avoir aucun contact avec le monde extérieur ! C’était probablement le ravitaillement annuel de l’île.

Je ne sais pas ce que deviendront ces lettres, ni même ce que je deviendrai. Mais j’espère qu’elles seront lues et qu’elles témoigneront bien des moments difficiles que j’ai vécus. Aujourd’hui, je retrouve espoir. Un espoir de subsister que j’avais perdu depuis un bon moment et qui était si inexistant que j’en étais venue à vouloir en perdre ma vie. C’est un renouveau pour moi. Une nouvelle vie.

Mais je ne suis pas arrivée sur ce bateau d’un clin d’œil ! Voilà comment cela s’est passé : alors que je me questionnais sur le fait de sauter ou non de la falaise où j’étais, j’ai vu quelque chose apparaître à l’horizon. C’est alors que je suis descendue sur la plage et j’ai attendu que le bateau s’approche. Je ne pensais pas qu’il viendrait sur l’île, mais plutôt qu’il passerait non loin en rejoignant une autre destination. Et c’est au bout d’une heure que j’ai pu discerner que c’était un porte-conteneurs qui rejoignait l’île. Une heure après, il était là, sur le large, et commençait à déposer les conteneurs dans l’entrepôt du port. Occupés, tous les dockers n’ont pas pu voir qu’une petite fille était montée sur le bateau. Je ne sais pas comment j’ai fait, mais ce qui est certain, c’est que j’ai pu m’introduire sur le porte-conteneurs sans que personne ne me voit.

Maintenant, je ne sais pas où mène ce bateau. Mais il y aura probablement encore plusieurs escales avant que le bateau ne rentre là d’où il vient. Je verrai bien où cela me mènera.

 

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