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The Inspector Cluzo : Une révolution acoustique au Théâtre des Mazades

The Inspector Cluzo Unplugged

7 albums studios, des tournées aux quatre coins du globe et des concerts dans les plus prestigieux festivals internationaux (Fuji Rock, Sziget, Vieilles Charrues), voilà de quoi asseoir la réputation de The Inspector Cluzo. Le groupe, formé en 2008, réunit deux amis (Laurent Lacrouts à la guitare et au chant et Mathieu Jourdain à la batterie) désireux de vivre de leurs 2 passions : la musique et l’agriculture. Mais le groupe dès le début de sa carrière veut affirmer son indépendance. Ils créent alors leur propre label, « Fuck the bass player records ». Ainsi, ils s’affranchissent totalement de l’industrie musicale, et gèrent eux-mêmes les affaires du groupe. Allant jusqu’à prôner l’autonomie alimentaire, ils mettent en avant leur exploitation fermière, qu’ils exploitent lorsqu’ils ne sont pas en tournée.

Un 7ème album acoustique : The Inspector Cluzo au sommet de leur virtuosité.

Le nouvel album « Brother in Ideals » est constitué des mêmes titres que l’album précédent, « We the people of the soil« . Mais à la différence de ce dernier, les morceaux sont entièrement remodelés à la sauce acoustique. Enregistré dans un studio de Nashville sous la direction de Vance Powell (Artic Monkeys, White Stripes, Seasick Steve), cet album est un défi de taille pour le duo. En effet, comme ils le racontent au public dès le début du concert, cet album est voué à l’échec commercial. Mais leur indépendance fait ainsi leur force. Leur autonomie leur permet ce genre de folies, ce qui les rend on ne peut plus fiers. Il leur est possible de s’exprimer de toute voix et de concrétiser toutes leurs idées, sans craindre la pression de l’industrie musicale.

Face à cette nouveauté, une question obsède le public qui attend, impatient. Vont-ils malgré tout défoncer la batterie à la fin du concert ?

Le Théâtre des Mazades, une Saint-Valentin mémorable.

Déjà beaucoup de monde dans l’entrée du théâtre. Pourtant le concert ne démarre que dans une heure. Un petit tour au merchandising plus tard, et la salle ouvre. Le public s’installe petit-à-petit, remplissant les 530 sièges du théâtre, voire même les marches entre les rangées. Personne ne voulait rater la venue du groupe dans sa tournée unplugged, qui de plus est accompagné par 3 musiciens venant de Nashville. Pour précéder le show, 45 minutes d’attente, bercées par les musiques choisies par le groupe. Et enfin la lumière s’éteint, un jeune pianiste se met en place. Vêtu d’un costume et verre de vin à la main, il introduit le concert par des ballades de piano.

Puis les 4 autres musiciens entrent en scène, les deux compères de The Inspector Cluzo fermant la marche. La disposition scénique est équilibrée, le pianiste à gauche, le duo au centre, la violoniste et la violoncelliste à droite. Le concert commence alors avec les accords entraînants et énergiques de « A man Outstanding in his Fields« , un grand classique de leur répertoire. Les artistes agrémentent leur morceau avec une petite anecdote, la chanson étant écrite pour la mémoire de leur ancien voisin et ami. La guitare Guild de Laurent Lacrouts émet un son chaleureux, et le public se retrouve dans une atmosphère détendue.

Les 5 musiciens se mettent en place au début du concert

Des chansons émouvantes

Le morceau se termine dans les applaudissements du public satisfait. Le groupe enchaîne alors sur « Cultural misunderstanding« . Une harmonie féerique emplit alors la salle, les notes aiguës du violon se mêlant à la voix grave du chanteur. L’intégralité de la chanson semble basée sur les alternances voix grave/ voix aiguë, se confondant et se détachant des notes émises par le violon. On peut s’apercevoir lorsque l’on ferme les yeux que la musique suit un chemin. Les images se créent et disparaissent dans nos têtes au fil de la chanson.

Vient ensuite une des chansons les plus connues de The Inspector Cluzo: « The Run« . Cette composition provoque une vague d’émotion immédiate dans le public. Stridente par moments, grave dans d’autres, la voix du chanteur soulève le cœur. Les émotions montent et le public ne peut pas quitter des yeux les 5 virtuoses, découpés sur un fond de lumière colorée.

The Inspector Cluzo : Gentlemen pour la fête de l’amour

Le concert se transforme soudain en Jam session. Le batteur laisse les 4 autres musiciens jouer sans lui, et décide de danser, pour célébrer la Saint Valentin. Il monte donc sur sa grosse caisse, et entame une danse extravagante et sensuelle. Il descend ensuite de scène et se rend dans le public. Désignant alors une jeune femme, il lui offre son cadeau de Saint Valentin: une danse avec lui. Ils montent alors tout les deux sur scène, et dansent sur les instrus jouées par le groupe. La jeune femme se voit ensuite offrir une petite coupe. N’oublions pas que les 2 compères ont deux passions dans la vie: la musique et l’agriculture. Et c’est pour partager cette deuxième passion qu’ils décident de faire le tour de l’assistance avec des toasts de rillettes de leur ferme.

A mesure des anecdotes et des événements, la proximité avec le public grandit, et on a l’impression de connaitre les deux hommes depuis longtemps. Leur prestation scénique donne un aspect familial à ce concert, du début à la fin.

Le batteur entreprend une danse debout sur la grosse caisse

Et le concert reprend dans une atmosphère blues.

L’utilisation du Bottleneck sur « The Globalisation Blues » renvoie aux racines essentielles du blues, et donne le ton de la suite du spectacle. Ce genre musical est également présent dans les anecdotes liées aux morceaux. Laurent Lacrouts raconte une des plus grandes légendes autour de ce style musical: pour devenir un bon bluesman, il faudrait faire un pacte avec le diable. C’est ce que l’un des pères du blues, Robert Johnson, aurait fait. Le duo, face à cela, aurait alors décidé d’envoyer valser le diable, et de ne pas contribuer à la légende. C’est pour cela que le morceau joué ensuite s’appelle: « No deal at the Crossroads« .

On peut également noter la performance remarquable de la violoniste sur « We the people of the soil« . A la fin de « No deal at the Crossroads« , le duo présente les musiciens qui les accompagnent, mais également l’intégralité de leur staff de tournée. Ils saluent le public, quittent la scène mais reviennent dans un tonnerre d’applaudissements. Le guitariste attrape alors une guitare à résonateur et le public sait immédiatement quel morceau sera interprété. « Little Girl and the Whistlin Train« . Cette dernière chanson est émouvante, pleine de nuances vocales, et le public fond sur son siège. La chanson, rallongée pour l’occasion, marque une fin de spectacle dans la douceur. Après les derniers au-revoir adressés à leurs fans, les 5 musiciens rejoignent les coulisses.

Avant le rappel, les 3 musiciens américains avaient quitté la scène

Un concert qui restera pour le public un souvenir indélébile

Le public sort calmement de la salle, abasourdi par cette incroyable performance. Un dernier petit tour au merchandising où sont distribuées des affiches, et direction la sortie. Mais finalement demi-tour quand on voit le duo The Inspector Cluzo qui descend les marches pour aller rencontrer ses fans. Embrassades, rires, l’ambiance est de nouveau familiale et bonne enfant. Autographes en poche, il est temps de laisser les musiciens se reposer, et de rentrer chez soi, avant que les métros ne ferment.

Visuel de présentation : The Inspector Cluzo

Crédit Photo : Marius Hutinet


article rédigé par Marius Hutinet

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