The Aristocrats: Une nuit envoûtante au Connexion Live

The Aristocrats: Une nuit envoûtante au Connexion Live

2 mai 2020 0 Par Marius Hutinet
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Toulouse est une ville attractive à tous les points de vue. Y habitant depuis presque 2 ans, je me suis aperçu que cette ville pouvait se révéler très surprenante, musicalement parlant . 2016, seul concert en France de la tournée du groupe The Who. Septembre prochain, concert du groupe The Pineapple Thief au Métronome. Et dernièrement, le dimanche 2 février, concert des Aristocrats au Connexion Live.

The Aristocrats, un groupe de légende dans une salle de relative petite taille

« Probablement une erreur », « C’est pas possible !! ». A première vue, l’annonce d’un concert des Aristocrats au Connexion semblait impossible: la renommée du groupe suggérait une salle bien plus grande. En effet, ce trio international a su depuis le début des années 2010 se faire une place sur la scène mondiale. Ces 3 prodiges de la musique sont petit à petit devenus des gourous de leurs catégories instrumentales.

Tout d’abord, Guthrie Govan. Guitariste de renommée mondiale et virtuose en la matière, sa technique est capable de dérouter Joe Satriani ou encore Steve Vai. En effet, Govan choisit d’adopter un son fluide et harmonieux tout en y associant une dextérité incroyable et rarement égalée. Le rendu sonore est époustouflant, le guitariste choisissant toujours le système dit de la « technique utile ».

Ensuite, vient le bassiste Bryan Beller. Alternant albums solos et albums avec le groupe, Beller nous présente toutes les facettes de son univers musical , libre et éclectique. Sa ligne de basse est soignée et mélodieuse, véritable pilier de la formation.

Marco Minnemann est quant à lui un des maîtres incontestés de la batterie moderne. Son style de jeu particulier et ses rythmiques calées au milimètre lui ont permis de collaborer avec les plus grands, comme Steven Wilson (Minnemann et Govan ont travaillé sur l’album « Hand. Cannot. Erase. »). En tant que batteur originel des Aristocrats , Minnemann se découvrira notamment une passion pour les cloches à vache.

Un public au rendez-vous

Arrivée des spectateurs une demi-heure avant le début du show, soit vers 19 h. La rue est déjà pleine. Le public, impatient, scrute l’entrée du Connexion avec l’espoir d’y pénétrer le premier. Les badauds sont étonnés de voir autant de monde devant cette salle du centre ville. Enfin, les portes s’ouvrent. On essaie de se trouver une place au plus près de la scène, avec déjà plus de 100 personnes agglutinées contre elle. Mais bon, la salle est petite et la visibilité est bonne. Nous nous calons donc sur un des côtés, à 3 mètres du guitariste.

The Aristocrats: Come up on stage!

Les lumières de la salle s’éteignent et se rallument dans les yeux des spectateurs. Les musiciens descendent enfin du balcon, transformé pour l’occasion en Backstage. Le public se presse et commence à crier. Mais l’euphorie atteint son apogée quand 3 grands barbus montent sur scène: une allure discrète, mais une aisance certaine pour Guthrie Govan, qui laisse à Beller le soin de s’occuper de la présentation d’usage. Après la mythique phrase « We are The Aristocrats », le show commence.

Guthrie Govan au centre de la scène, pendant l’interprétation de « Spanish Eddie »

Une entrée en scène avec le morceau « Blues Fuckers » annonce la couleur du concert qui débute. Rapide, énergique et incroyablement technique, ce morceau fait accéder le public à un stade euphorique encore supérieur. Les spectateurs se retrouvent en effet propulsés dans un atmosphère Blues/ Rock bien particulier. La proximité directe avec les musiciens leur permet de communiquer avec le public, par des regards ou même en parlant. Les 3 hommes ont une certaine volonté de transformer cette soirée musicale en soirée familiale.

Le public, en transe après « Blues Fuckers » essaie de reprendre ses esprits. Guthrie prend la parole pour raconter une anecdote, annonçant que le morceau suivant avait posé un problème pour son nom. En effet, il y avait déjà une chanson appelée « Spanish Eddie ». Et d’un seul coup, une intro de guitare surréaliste est lancée, intro d’une technique incroyable et très fluide. Les musiciens présents dans la salle se regardent et se reconnaissent. Ahuris, tout le monde fixe ensuite le guitariste des yeux, alors que de leur côté Beller et Minnemann rient de la situation. Et vient le morceau tant attendu, d’une rapidité et d’une précision parfaites, à mi-chemin entre blues et musique traditionnelle espagnole. Un morceau qui permet aux instrumentistes de « s’échauffer » pour l’heure et demi à venir.

Le show continue, les compositions s’enchainent et les anecdotes fusent.

Le particularité du groupe The Aristocrats est sa volonté de ne pas distinguer de frontman. Bon, certes, lors les concerts beaucoup de personnes viennent voir Guthrie Govan jouer, mais la hiérarchie scénique est telle que aucun des instrumentistes ne fait de l’ombre à l’autre. Les 3 musiciens racontent les anecdotes liées aux morceaux qu’ils ont respectivement composés.

Plus le concert avance et plus le spectateur est sidéré par le génie de ces 3 compositeurs. Les anecdotes liées au morceau peuvent être impressionnantes, comme pour le morceau « The Ballad of Bonnie and Clyde », inspiré par un vol de basses dont a été victime Beller. A l’inverse, elles peuvent être insignifiantes, à l’image de la musique inspirée du son de la cloche de 23 h dans les pubs anglais, son qui annonce la dernière pinte, moment tragique dans la vie du guitariste.

Mais, au milieu du concert, des inquiétudes apparaissent. Les musiciens décident de sortir des jouets pour animaux, afin de partager avec nous un de leurs nouveaux morceaux. Folie ? Humour ? Il commencent à les utiliser et les instruments de fortune produisent des bruits stridents mais rythmés. Puis le morceau démarre, et la stupéfaction gagne la foule. Le morceau est d’une incroyable qualité, les musiciens reprennent leur sérieux. Le son des jouets est parfaitement intégré à l’atmosphère de la musique et rajoute un certain cachet à cette composition.

L’humour créatif est récurrent dans les compositions des Aristocrats, comme le prouve « The Kentucky Meat shower ». Avant d’interpréter ce morceau, Govan sort une bande déssinée d’un de ses tiroirs magiques, « The Meatshower ». Il nous raconte ensuite qu’après lecture de cet ouvrage, il a décidé d’en écrire la Bande Originale. Et c’est dans ce contexte que le morceau est né, mêlant riffs Country énergiques et envolées psychédéliques sur fond de solo de basse.

Un rappel participatif

Puis arrive la fin du concert, les musiciens quittent la scène sous les hurlements du public. Sous cette agitation, ils décident de revenir pour interpréter le morceau « Smuggler’s corridor ». La musique défile et les musiciens, faute de sample, décident de faire chanter le public avec eux. D’abord un « LaLaLa » avec l’accent français, petite préférence de Beller, pour que le choeur soit mélodieux. Ensuite, à la demande de Minnemann, un « LaLaLa » avec l’accent allemand (nationalité du batteur), plus dur et plus « métal ». Enfin, pour Guthrie qui ne chante pas, Beller demanda un « LaLaLa » très aigu, strident, comme peut le faire sa guitare.

Le morceau se termine, sous les hurlements du public et du très désagréable manager du groupe, qui a passé son concert à surveiller les spectateurs , en les empêchant de prendre des vidéos et en cognant contre les portes pour que le serveur les ouvre. Sympathique. Enfin, oublions. Les musiciens retournent backstage et c’est la fin du show. Bryan Beller décide tout de même de descendre et de rencontrer son public autour du merchandising, signant autographes et prenant des selfies avec ses fans.

La salle se vide après le départ des artistes

Une dernière bière, un dernier au revoir à Marco Minnemann qui se promène entre les caissons de rangement. On scrute les alentours pour essayer de trouver la porte d’où va sortir Govan et on rentre tranquillement à la maison, après une soirée pleine d’humour et de musique.

Visuel de Présentation: The Aristocrats

Crédits Photos: Marius HUTINET

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