Underground Railroad de Colson Whitehead

Underground Railroad de Colson Whitehead

17 août 2019 0 Par Valentin Delbreil

Underground Railroad de Colson Whitehead fait preuve d’une virtuosité extraordinaire. Nous, lecteurs, sommes perdus dans le XIXe siècle avant qu’ait lieu la guerre de Sécession, dans la peau de Cora. Une jeune femme, colorée de dix-huit ans, nous dévoile peu à peu sa vie et son histoire jusqu’au jour où elle s’évade avec Caesar à ses risques et périls.

Underground Railroad, poignant à nous couper le souffle

Tout le monde savait que les nègres n’avaient pas d’anniversaire.

Au fil des pages, il est difficile de passer à côté de tous les détails qui nous sont fournis par l’auteur tels que l’odeur des personnages ou encore lorsque le chien a lâché un pet (ce qui détend l’atmosphère). Dès le début, tout est clair. Cora nous parle d’Ajarry, sa grand-mère, puis de sa mère, Mabel. Alors que la population noire est « vendue » ou encore « bradée » contre du rhum, les Blancs vivent pleinement leur vie. D’ailleurs, on ressent tout au long de l’ouvrage le plaisir que prennent ces Blancs, à vouloir coûtent que coûtent, dominer cette population.

Quand on s’envole comme un oiseau, on mérite une cage.

Au-delà de la vie de Cora, nous faisons la connaissance de plusieurs personnages tous différents les uns des autres. Celui qui m’a le plus marqué est Big Anthony. Cet homme a tenté de s’évader mais à malheureusement était capturé puis brûlé en public. Une description de l’évènement des plus affreuses du roman.

Puis nous avons les frères Randall, propriétaires de parcelles de coton dont l’un des deux est plus intransigeant. Peu de choses à dire, si ce n’est qu’ils sont de bons à rien comme la plupart de la population blanche. Je dis bien « comme la plupart », car heureusement, certains sont lucides.

J’allais oublier celui-là ! Caesar ! Il n’a qu’une seule idée en tête : partir, s’évader, loin, très loin ! Mais pas sans Cora. Ce n’est qu’après de multiples tentatives qu’elle va lui dire « oui ». Mais « oui » à quoi…

Leur avance de six heures n’était qu’une illusion. Les patrouilles étaient en chasse depuis le début.

S’évader, c’est bien, mais encore faut-il ne pas se faire prendre par les chasseurs.

Il y a des affiches un peu partout de Cora, réclamant trente dollars pour celui qui la retrouve. 30 dollars, c’est l’équivalent d’un manteau de luxe comme dirait le fils Ridgeway, chasseur avec une bonne réputation. Il veut absolument retrouver Cora, car dans le passé, il n’avait pas retrouvé la mère de Cora. Elle lui avait échappé. Était-ce pour cela que Caesar voulait qu’elle vienne avec lui ? En tant que porte-bonheur ?

Était-ce une vocation que de traquer des nègres ayant à peine l’intelligence d’un chien ?

Colson Whitehead - The New York TimesPoignant, bouleversant, il n’y a pas de mots pour qualifier ce roman qui a comblé de bonheur une bonne partie de la population américaine dont Barak Obama ; et de nombreux journaux américains.

Underground Railroad regorge d’une multitude de surprises plus ou moins fortes, nous laissant ainsi perplexe sur chaque situation. Une question que l’on se pose à la fin de chaque chapitre : qui va donc mourir cette fois-ci ?