Rencontre avec Benoit Séverac et son ouvrage Little Sister

7 septembre 2016 0 Par Valentin Delbreil
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Après quelques mois sans aucun échange, Benoit Séverac a répondu à nos questions. Dans une première partie, les questions le concernant personnellement et dans la deuxième partie, on va plus se pencher sur son dernier roman Little Sister.

 

Questions Personnelles

Qu’est ce qui vous a poussé vers l’écriture ?

Honnêtement, je ne sais pas ; ça a toujours été là. Dès mon plus jeune âge. Avant même de savoir écrire, je racontais des histoires (comme tous les gamins, sauf que je n’ai jamais arrêté, je n’ai jamais perdu cette capacité à inventer des personnages, des lieux… et à y croire.
Mon premier contrat d’édition (pour une nouvelle) est arrivé tard certes (2007, j’avais 41 ans), et l’envie d’être publié seulement cinq ans plus tôt, après avoir gagné un concours de nouvelles amateur (2002).
Cependant, je me rends compte que j’écrivais depuis toujours, bien que sans arrière-pensées éditoriales, sans prétentions… À dix ans, je relatais mes voyages, mes vacances, sur des feuilles que je perforais et que je reliais pour en faire des livres.
Tout ce que j’ai fait dans ma vie m’a amené à l’écrivain que je suis aujourd’hui et j’ai développé la sensibilité que j’exprime dans mes romans.

D’après vous, à quel registre littéraire appartenez-vous ?

Je suis un auteur de noir, indubitablement. Polar. J’en suis conscient, mais quand j’écris, je ne me pose pas la question. Ce « genre » s’impose à moi, comme la poésie s’impose à un poète.

Quel est le livre dont vous êtes le plus fier ?

Je suis satisfait et fier de tous mes romans et toutes mes nouvelles publiés. Je connais les défauts et les qualités de chacun et chacune, mais au moment où je signe le Bon-à-tirer, je sais que le travail que je rends est ce que je voulais faire, et ce que je pouvais faire de mieux par rapport à mon intention de départ.

Quand est-ce que vous écrivez ? Avez-vous un rituel ?

Non, peu de rituel. Simplement besoin d’assez de temps pour créer ma bulle et y pénétrer. Mais le contexte matériel (lieu, équipement etc.) importe peu. Sans compter qu’un écrivain, même quand il n’écrit pas, pense à ses travaux en cours. Pas besoin d’être en train de pianoter sur son clavier pour être créatif.

Êtes-vous angoissé avant la sortie d’un roman ?

Non. En général, je suis déjà passé à un autre projet, qui peut m’angoisser, lui, effectivement. Je suis angoissé tant que je suis dans la phase de création, tant que je peux encore intervenir. Après : alea jacta est. S’il n’y a plus rien que je puisse faire, il est inutile de me ronger les sangs.

Dans chacun de vos romans pour ados, le thème de la famille apparaît. Est-ce essentiel dans les romans pour ados ?

Ce n’est pas conscient, je n’avais pas remarqué. Mais je ne suis pas étonné : la famille est un élément fondateur de la personnalité de quelqu’un. C’est un lieu d’échange d’idées, de sentiments, un lieu d’expression d’autorité, de pouvoir, d’amour… Cela peut être un lieu de tendresse mais de violence aussi… Bref, c’est très riche d’un point de vue romanesque. C’est surtout une entité incontournable de la vie d’un ado. On passe beaucoup de temps en famille quand on est ado (trop de temps, pensent certains !), on est en permanence confronté à ses parents à cet âge-là… Nécessairement, ça se retrouve dans les romans.

 

Questions sur Little Sister

Pourquoi avoir choisi le thème du djihad ?

Le roman noir s’inspire souvent de thèmes sociétaux contemporains. Inutile de rappeler que le djihad fait désormais partie des grandes questions auxquelles nous sommes confrontés. Tenter d’apporter des clefs de compréhension, ou tout au moins un angle d’analyse, me paraissait intéressant, surtout en « passant par la bande », c’est-à-dire en abordant les choses indirectement, sans donner la parole aux terroristes ni à leurs victimes, simplement en évoquant les victimes collatérales de ce phénomène, à savoir les familles de ces jeunes qui partent faire le djihad.

Quel est l’intérêt du flirt entre Théo et Lena ?

Je ne l’ai pas introduit par « intérêt », mais par souci de cohérence. Personnellement, quand j’étais ado, je ne pensais qu’à une chose : tomber amoureux. L’attrait (réciproque) de Lena pour Théo m’a donc paru évident. Sans compter qu’il me permettait d’aborder un autre thème en filigrane : celui du non-dit… Cette difficulté, vieille comme le monde, pour les garçons à voir qu’ils intéressent à une fille, et inversement j’imagine.

Combien de temps vous a pris ce projet ? Plus que les autres ?

Non. J’y ai réfléchi pendant quelques années… à partir de l’affaire Merah en fait, qui m’a poussé à réfléchir à un moyen de parler de ce phénomène de radicalisation sans l’aborder de façon directe ou pontifiante, ou sans abonder dans le sensationnalisme journalistique ou émotionnel. Quand je me suis mis à l’écriture, ça m’a pris six mois.

 

LA GRANDE QUESTION !

Pourquoi faut-il lire ? Quelle est votre réponse.

Je n’aime pas le terme « faut ». Je n’impose rien à personne, mais pour moi, lire est le seul moyen d’évasion possible, sain et inoffensif. La lecture, tout comme l’écriture (les deux sont très liées), me met en empathie avec les hommes, et me console de l’humanité.

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