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La Passe-miroir : une série fantasy étonnante

La Passe-miroir c’est une série de quatre livres écrite par Christelle Dabos. Confinement oblige, j’avais enfin le temps de les commencer. Il faut dire qu’en dehors de leur première de couverture brillamment réalisée, la série m’avait été recommandée par plusieurs connaissances.

Publiés entre 2013 et 2019, les romans ont convaincu bon nombre de liseurs comme l’écrivaine aime les appeler. Bien que maintenant terminés, l’autrice continue à faire vivre ces romans et leur univers grâce à son site. Retour sur cette saga qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

Une vue d’ensemble de la saga

Tout commence lorsque Christelle Dabos commence à écrire les débuts de La Passe-miroir en 2007. Elle lutte contre l’isolement, en pleine convalescence après un cancer. Elle publie alors sur Plume d’Argent, une plateforme française de publication d’oeuvre originales et de fanfictions les premiers jets de ce qui deviendra une quadrilogie. Encouragée par les retours positifs de ses proches et des contributeurs du site, l’autrice se lance. Elle envoie son manuscrit pour le premier concours Roman jeunesse Gallimard organisé en association avec RTL et Télérama en 2013. La Passe-miroir est élu lauréat et le premier tome est publié la même année.

La série rencontre un franc succès. Elle est comparée par la presse nationale aux celébrissimes sagas écrites par J.K. Rowling ou Philip Pullman. En 2019, le premier tome de La Passe-miroir, est traduit en dix langues. Les deux premiers ouvrages ont également remportés le Grand Prix de l’Imaginaire en 2016. Au moment de la sortie du dernier tome en novembre dernier, Christelle Dabos est considérée comme une autrice de premier plan en matière de littérature pour adolescents. Il me semble cependant nécessaire préciser ce qui suit : bien que s’adressant en premier lieu à un public jeune, le livre aborde des sujets qui ne sont pas pour autant simplistes. On retrouve des thématiques comme le droit à l’erreur, l’importance de la mémoire historique (et sa manipulation par les élites), la recherche de son identité ou encore la place de la religion.

© Chloé Vollmer-Lo / Gallimard
© Chloé Vollmer-Lo / Gallimard 

Les inspirations de la saga

On retrouve diverses influences dans la saga de Christelle Dabos. Si les populaires Harry Potter et À la Croisée des mondes cités plus haut en font bien évidemment partie, ces univers ne sont pas les seuls à avoir marqué la romancières. On retrouve l’influence créatrice de Miyazaki dans la description de la majestueuse Citacielle mais aussi l’Ancien Testament et ses légendes. L’autrice l’affirme elle-même : si elle a réussi à produire un monde si dense c’est qu’elle s’est avant tout, aventuré en dehors de sa zone de confort. On retrouve un imbroglio de références allant de la culture steampunk, avec l’importance donné aux objets et à la mécanique, à l’incorporation sous-jacente d’événements historiques subtilement incorporés. Ainsi, l’Arche du Pôle voit son fonctionnement social se rapprocher de Versailles au temps de Louis XIV.

Au delà de l’Histoire et des histoires, le monde social contemporain ainsi que le propre environnement de l’autrice se mêlent dans ses romans. On retrouve ainsi sur Anima, la première arche que nous découvrons, l’amour que porte Christelle Dabos pour sa terre d’adoption : la Belgique. Les petites maisons de brique ainsi que les jurons éclectiques des animistes ne sont pas sans rappeler le paysage wallon et son patois.

« La famille d’Ophélie est pleine de belgicismes. »

Christelle Dabos pour le Huffington Post

Et le style littéraire dans tout ça

Si j’ai personnellement eu du mal avec la surprenante minutie des descriptions au commencement du premier tome, je m’y suis habituée par la suite. Malgré leur longueur, elles ne sont pas aussi submergeantes que celles écrites par J. R. R. Tolkien ou encore George Martin. Bien loin de se révéler inutiles, elles fournissent une foule de petits détails qui prendront sens au fur et à mesure que l’histoire progresse.

Le rythme du récit bien que lent dans le premier tome trouve un souffle nouveau dans le second avec l’ajout de dialogues et la précision de l’intrigue. La Passe-miroir reste tout de même un récit fourni, chaque tome faisant cinq cent pages, et qui prend son temps.

Rare autrice française de fantasy nous ne pouvons que apprécier la qualité et l’authenticité de son écriture qui n’a souffert d’aucune traduction et donc d’aucune altération. En plus de jouer avec ses personnages, Christelle Dabos jongle aisément avec les mots, créant diverses néologismes habilement utilisés. Ils participent activement à la création et à la représentation de l’univers dans nos esprits.

Les personnages

Si Ophélie reste le personnage principal de cette saga, les personnages secondaires revêtent une importance primordiale et leur personnalité n’a pas été délaissée par l’autrice.

Faisant figure d’anti-héroïne, Ophélie, une jeune animiste très différente de ses soeurs se retrouve plongée dans une quête qui semble bien trop complexe pour elle. Alors que ses dons de liseuse lui promettaient une vie paisible dans son musée elle se retrouve au centre d’un plan qui la dépasse. Solitaire, maladroite et timide, la jeune protagoniste cache derrière ses lunettes aux verres épais des ressources insoupçonnées. Elle se révèle débrouillarde, résiliente et courageuse démontrant à elle même comme aux lecteurs que la force est avant tout intérieure.

©2020 Kororo Art / Deviantart
©2020 Kororo Art / Deviantart

Thorn, fiancé contre son gré à notre liseuse, est un personnage sombre et peu charismatique. Il faut bien le dire : il ne gagne à être connu. Il se révèlera pourtant bien plus intéressant que ce qu’il ne veut le paraître défiant les lois sociales de son arche natale. Un parallèle intéressant pourra ici être établi entre destinée sociale et volonté personnelle. De manière générale, la saga questionne implicitement les normes sociales de notre propre monde. Thorn faisant office de contre exemple sur nos idées reçues.

Une flopée de personnages supplémentaires vient entourer nos deux héros tout au long des quatre tomes. Le fantasque Archibald, la magnifique Berenilde ou encore la très attachante tante Roseline ajoutent du relief et de la vie à cet univers déjà débordant de surprises.

rédigé par Julie Anglade

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