Brive vu du ciel

La brève Histoire de Brive-la-Gaillarde

Brive-la-Gaillarde est la ville la plus peuplée du département de la Corrèze bien qu’elle ne possède pas tous les pouvoirs.

Et oui ! Elle n’est que la sous-préfecture, au profit de Tulle. Chose qui pourrait changer dans les années à venir avec les nombreuses tentatives de décentralisation, mises en œuvre par l’État (dont fait partie la réorganisation des régions).

 

Brive vu du ciel
Planche IV. A. Aspect de l’extension vers l’Est, et une partie du vieux Brive (photographie prise d’avion)

Outre la puissance qu’elle peut posséder, vous vous demandez sûrement pourquoi la ville qui se nommait « Brive » il y a des siècles de ça et qu’aujourd’hui son nom soit complété par le terme appréciatif de « La-Gaillarde » ?

Tout d’abord, « Brive » doit son nom à une racine que l’on trouve dans les marais puisque la ville était initialement implantée dans une zone marécageuse autour du fleuve de la Corrèze. Et si nous décomposons « Brive » en prenant la première syllabe de son nom, nous avons « bri- » qui semble évoquer une zone humide ou marécageuse.

Finalement, et comme nous la connaissons aujourd’hui, la ville de Brive a été complétée par le terme de « La-Gaillarde » qui fait référence aux multiples tentatives de siège dont la ville a dû faire face sous domination anglaise ou encore face aux attaques perpétuelles des familles de Malemort ou de Turenne qui prétendaient imposer leur autorité. Nous sommes en 1374 lorsque la domination anglaise est définitivement écartée et que le roi Charles V adresse une lettre à la ville de Brive, saluant la vaillance de la ville qui se veut « Gaillarde » pour avoir fait face, seule, à ses opposants hostiles.

Ce n’est qu’en 1929 que le nom de Brive-la-Gaillarde est officialisé.

 

 

plan de la ville de brive
Plan de Brive en 1745. Les limites de l’agglomération, telle qu’elle était au XIIe siècle, sont marquées par la ligne continue des rues entourant les constructions groupées autour de L’Église Saint-Martin. Au-delà, faubourgs enfermés dans l’enceinte au XIVe siècle. Hors les murs, quelques établissements religieux.

Vous vous demandez maintenant comment une ville de quelques milliers d’habitants a pu se défaire d’un nombre considérable de sièges ?

Lorsque vous marchez ou que vous êtes dans votre voiture sur les boulevards Jules Ferry, A. France, Général Koenig ou encore celui de Puyblanc, vous ne vous doutez peut-être pas que vous vous trouvez à l’emplacement d’une enceinte qui a permis à la ville de résister à tous les sièges qu’elle a subis ! En effet, dès le début du XIIe siècle, en 1178, la ville s’est dotée d’une première enceinte établie autour d’un point central : la basilique Saint-Martin. Elle abritait des âmes au nombre de 1100 et est reliée par de nombreuses rues dessinées en étoile autour d’elle.

Puis c’est dans la première moitié du XIVe siècle, en 1340, qu’une seconde enceinte est construite, elle plus étendue, protégeant ainsi quelque 3000 habitants, toujours autour du même point central. En 1344, les fossés et les portes sont en voie d’achèvement. C’est donc sur cette deuxième enceinte que vous partez peut-être travailler tous les matins ! Auriez-vous pensé à cela ? N’est-ce pas déstabilisant d’apprendre l’Histoire de votre ville, et ce, sur quoi vous mettez les pieds tous les jours ? Mais n’est-ce pas, par la suite, une fierté de connaître son récit ? 😀

 

 

carte de france
Carte du royaume de France en 1360

« La deuxième enceinte permettra à Brive de se prémunir de toute réussite de siège ! » Et bien Brive ne débutera pas une nouvelle ère paisible à ce que l’on pourrait croire. Mais la question est : pourquoi ?

 

En 1340, lorsque Brive entame la construction de sa deuxième enceinte, la guerre a déjà commencé. Vous me direz : quelle guerre ? Est-ce que si je vous dis « 1337-1453 », cela vous dit quelque chose ? Non ? Et si cette fois-ci, si j’évoque la « guerre de Cent Ans » ? Maintenant, cela vous semble probablement plus familier !

Parallèlement, les troupes anglaises progressent dans le royaume de France. En 1360, et ce, jusqu’en 1374, Brive se trouve sous leur domination.  À partir de ce moment-là, une période de grande pauvreté débute, marquée par la domination anglaise et accentuée par les guerres incessantes contre les seigneurs voisins qui veulent toujours imposer leur autorité.

La guerre de Cent Ans éprouve les habitants de Brive qui fuient : la ville se dépeuple et est ruinée. Or, la longue paix intérieure qui s’étend jusqu’au milieu du XVIe siècle, a permis à Brive de se relever économiquement. C’est comme partout ailleurs dans le royaume de France une période de restauration économique. On y voit la construction du pont de treize arches destiné à remplacer le vieux pont gaulois sapé par la guerre de Cent Ans. Mais il nous est impossible de dire à quoi se résumait l’activité briviste à cette époque. Il nous faut attendre jusqu’au XVIIIe siècle pour avoir quelques indications sur l’économie briviste.

Qu’en est-il de cette économie ?

Manufacture royale de soie
Brive. Vue générale (côté Ouest) Au premier plan, petite zone industrielle. A l’arrière-plan, les hauteurs de Brive

Brive réussit à se relever économiquement parlant grâce à l’établissement d’une manufacture royale d’étoffes de soie en 1764, par l’industriel Turgot. Il  était l’équivalent du ministre des Finances aujourd’hui. La manufacture comptait déjà cent cinquante ouvriers en mai 1765 ! Elle deviendra, peu avant la Révolution, filature de coton.

 

 

Brive et son chemin de fer
Brive. Embarquement du bétail Embarquement du bétail à la gare des marchandises un jour de foire

On note alors l’apparition du secteur secondaire. Il vient soutenir une ville qui en avait bien besoin et qui était portée par le secteur tertiaire depuis des siècles.

 

 

Au-delà, Brive-la-Gaillarde a intégré progressivement de nouveaux quartiers et de nouveaux styles architecturaux qui se juxtaposent sans jamais se nuire. Il s’agit là d’une particularité architecturale propre à la ville. En dehors de la noblesse historique de ses rues anciennes, Brive a su se constituer une identité urbaine de qualité.

 


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4 réflexions sur “La brève Histoire de Brive-la-Gaillarde

  1. Tres belle histoire de Brive que tu nous a raconté.on ne pense pas à Brive au XII/XIII/XIV… siècle et c’est beau de voir et connaître ce qui s’est passé. Merci de nous l’avoir fait découvrir

    1. Bonjour François,

      Pour le moment, aucune suite n’est en vue concernant l’Histoire de la ville. En revanche, une analyse sur son patrimoine est planifiée !
      Merci d’avoir réagi à cet article et bonne journée.

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