Pokémon Épée et Bouclier : le test

Pokémon Épée et Bouclier : le test

16 avril 2020 0 Par Samuel Bauguil
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Depuis sa sortie en mars 2017, la nouvelle console Nintendo, la « Nintendo Switch », me fait de l’oeil. Il me fallait une bonne raison pour l’acheter, sachant que je ne suis pas fan des jeux « Smash Bros » ou « Zelda », qui sont deux grosses franchises qui offrent des jeux phares à la console. Heureusement, le 27 février 2019, Nintendo frappe un grand coup sur la table. La firme annonce la sortie d’un nouveau jeu « Pokemon ». Il met en scène une nouvelle génération de petits monstres, évoluant cette fois-ci dans le monde de Galar, une région imaginaire inspirée du Royaume-Uni. Si le jeu sort officiellement en magasin le 15 novembre 2019, je ne franchis le pas qu’en janvier 2020. Impatient, je fini rapidement le jeu : il y a beaucoup de choses à dire. Malheureusement, on dénombre bien plus d’erreurs et fautes que de réussites. 

Certes, le jeu est beau dans son ensemble, mais il est très (très) loin de ce à quoi l’on pouvait s’attendre sur la Switch. Il n’y a qu’a se rendre sur Jeux Vidéo.Com pour se rendre compte que la déception est clairement au rendez-vous, que les consommateurs ne sont absolument pas satisfaits.

Trop de négativité ?

Une facilité abusive

Pour commencer, la difficulté est atrocement basse. Certes il s’agit d’un jeu Pokémon destiné à un public plutôt jeune, mais cet opus est réellement plus que simpliste. Je n’ai pas perdu un seul combat durant la totalité de la partie. Le seul dresseur qui m’a donné du fil à retordre n’est autre que Tarak, le maître de la Ligue. Et encore qu’avec quelques rappels, le combat ne s’éternise pas.

Tarak, maître de Galar, et son Dracaufeu. (Serebii.net)
Tarak, maître de Galar, et son Dracaufeu. (Serebii.net)

Cette facilité est amenée par le « multi exp » automatique. Auparavant, pour faire augmenter le niveau d’un Pokemon, il fallait se battre avec lui en tant que Pokemon principal. Maintenant, à la fin d’un combat, tous les Pokemons de l’équipe gagne des points d’expérience. On se retrouve donc trop rapidement avec une équipe monstrueuse, et le jeu perd alors beaucoup de saveur.

Nintendo Switch ou Nintendo 64 ?

La région de Galar est belle, on ne peut le nier. Mais alors pourquoi l’avoir fait si petite ? Les routes entre les différentes villes sont beaucoup trop courtes, et bien trop peu intéressantes. On ne trouve aucune grotte cachée, aucun lac mystère, aucune piste cyclable : on a l’impression de faire le tour de la carte en quelques minutes. La sensation de perspective et de profondeur donne un véritable charme au jeu. Mais ce charme disparait vite au vu des nombreux bugs et malformations de textures. Les lacs ressemblent plus à des bassins de sans-plomb 95 plutôt qu’à des plans d’eaux. Les arbres sont dignes d’un « Zelda : Ocarina Of Time » sorti en 1998 sur Nintendo 64 ! Quand on connait la puissance et la qualité graphique dont est capable la Switch, cela nous laisse un petit gout amer dans la bouche.

Différence de graphisme entre un arbre issue de "Pokémon Épée/Bouclier" sorti en 2019 (à gauche) et un arbre issue de "Zelda : Breath of the wild" en 2017 (à droite) sur la même console. (@Nannoxx)
Différence de graphisme entre un arbre issue de « Pokémon Épée/Bouclier » sorti en 2019 (à gauche) et un arbre issue de « Zelda : Breath of the wild » en 2017 (à droite) sur la même console. (@Nannoxx)

Game Freak, que t’arrive-t-il ?

Aussi, depuis le premier jeu sortie en 1996, on retrouve quatre éléments de base qui forgent l’identité de la licence : les Pokemons, le pokédex, le rival de notre personnage, et une association malfaisante. 

Même là, Nintendo n’est pas arrivé à la hauteur des attentes des fans. Aucun nouveau Pokémon n’est véritablement charismatique. Seuls quelques Pokémons déjà existants mais ré-introduits sous une forme régionale, à l’instar de Palarticho ou Zigzaton, attirent notre attention. On sent que les créateurs peinent à trouver de l’inspiration pour inventer de nouvelles petites bêtes. Aussi, environ 60% des Pokémons déjà existants sont tout bonnement non codés. Cela va pourtant totalement à l’encontre du but ultime du jeu ou même de la série : tous les attraper. Peut-être Nintendo proposera une solution, comme une mise à jour ou un système payant ?

Un Zigzaton (à droite), un Linéon (à gauche) et un Ixon (au fond) sous leurs formes de Galar, en compagnie de Rosemary (devant) et de sbires de la Team Yell. (Siliconera.com)
Un Zigzaton (à droite), un Linéon (à gauche) et un Ixon (au fond) sous leurs formes de Galar, en compagnie de Rosemary (devant) et de sbires de la Team Yell. (Siliconera.com)

Vous vous souvenez de la Team Rocket ? Cette organisation criminelle qui volait des Pokémons, faisait du trafic de queues de Ramoloss : une vraie bande de malfrats ! Aussi, que ce soit les Team Aqua et Magma à Hoenn ou la Team Galaxy à Sinnoh, elles avaient assez de charismes et des projets concrets et mauvais, comme toute bonne équipe de hors-la-loi qui se respecte !

Et bien, vous serez surpris de découvrir la Team Yell à Galar. Ils paraissent d’abord mesquins avec leurs costumes noirs et violets, mais on se rend rapidement compte qu’ils ne sont ni plus ni moins qu’une bande de punks (joli rapprochement cependant avec le mouvement punk né dans les années 1970 au Royaume-Uni) encouragent une petite fille appelée Rosemary. Ils n’ont aucun plan démoniaque, aucune hiérarchie, et on se rend rapidement compte qu’ils n’ont aucune utilité et aucun impact sur le déroulement de l’histoire. À voir s’ils auront un rôle à jouer dans les prochains DLC. 

Un peu de positif, tout de même…

Mais assez produit de sel, il faut aussi savoir reconnaitre les bonnes initiatives de Game Freak (car oui il y en a). 

Le Royaume-Uni revisité

Je l’ai déjà dit, mais le jeu est visuellement beau. Haut en couleur, pétillant, frais… les adjectifs ne manquent pas pour décrire l’esthétique du jeu. La ville de Corrifey est celle qui, à mes yeux, illustre parfaitement la fraicheur du jeu : elle est cachée dans une forêt et ne doit son illumination qu’a des dizaines de champignons fluorescents.

La ville fluorescente de Corrifey. (Pokekalos.com) Pokémon
La ville fluorescente de Corrifey. (Pokekalos.com

La volonté de ressemblance avec le Royaume-Uni est aussi une réussite. On trouve des grottes et des mines rappelants la présence de mines dans le Nord de l’Angleterre. La ville de Motorby est une parfaite représentation des grandes mégapoles aux aspects de « révolution industrielle » à l’instar de Manchester ou Birmingham. Aussi, le Pokemon Smogogo, sous sa forme régionale, détient désormais sur ses têtes des grandes cheminées crachant de la fumée, ce qui est un joli clin d’oeil aux grandes usines du XIXème siècle qui ont fait l’Angleterre le berceaux de l’industrialisation. 

Smogogo de Galar et ses fameuses cheminées. (Pokemon.com) Pokémon
Smogogo de Galar et ses fameuses cheminées. (Pokemon.com)

Les terres sauvages : un vrai safari !

La grande nouveauté du jeu, qui en fait saliver plus d’un au moment de la sortie des bandes annonces, est le concept des terres sauvages. Et là, l’idée est véritablement bonne. Certes un peu vides, les terres sauvages sont un ensemble de grands espaces aux caractéristiques différentes dans lequel on trouve une très grande quantité de Pokémon sauvages. On y trouve des lacs, des mares, des forêts, des plaines, un château hanté, un désert, un plateau rocheux…

Les Pokémon ne sont naturellement pas les mêmes en fonction de l’endroit ou l’on se situe. Aussi, à l’inverse du reste de la région de Galar, les terres sauvages obéissent à des règles naturelles comme c’est le cas dans la réalité. En effet, il y a une alternance entre le jour et la nuit, la météo change régulièrement et cela influe donc sur l’apparition de certains Pokémon. Ces derniers sont aussi visibles hors combat, ce qui est selon moi un grand point positif, car leur rencontre est donc moins aléatoire et l’on peut choisir contre quel Pokemon on va se battre.

Rencontre avec un Chelours dans les terres sauvages. (Pokegraph) Pokémon
Rencontre avec un Chelours dans les terres sauvages. (Pokegraph)

Une compétitivité aux allures de « Pokemon Go »

Dans les terres sauvages se trouvent l’autre grande nouveauté que nous propose Pokemon Épée et Bouclier : les Raids Dynamax. Le concept ne va pas sans rappeler Pokemon GO. Un Pokemon plus ou moins rare apparait dans un antre, il est plus puissant que n’importe quel Pokémon ce qui nous amène à élaborer une entente avec d’autre dresseurs pour pouvoir le battre. Le Raid peut se faire en mode local avec des PNJ, ou en ligne avec d’autres dresseurs. Une fois le Pokemon battu et attrapé, il intègre notre équipe. La particularité de ce dernier est qu’il détient une forme spéciale, utilisable en combat d’arène uniquement, appelé forme « Dynamax ».

Raid dynamax contre un Corvaillus sous sa forme dynamaxé. (Pokemon.com) Pokémon
Raid dynamax contre un Corvaillus sous sa forme dynamaxé. (Pokémon.com)

Le Dynamax donne un certain regain d’intérêt aux combats d’arène. Certes les champions sont relativement facile à battre, mais le système d’arène de Galar a un aspect beaucoup plus compétitif que dans les anciens jeux. En effet, chaque combat contre un champion permet de découvrir un Pokemon dynamaxé, et ces derniers sont relativement bien faits et imposants, l’instar du Duralagon de Roy, le champion de type dragon. Aussi, il y a un changement qui a de l’importance. Les arènes sont désormais des stades, avec un public qui encourage. On a véritablement l’impression d’être en plein tournoi. Et les champions ne sont plus de simples personnages qu’il faut se contenter de battre ! Ils font des apparitions récurrentes, donnent des conseils, et ont une utilité dans le déroulement de l’histoire.

Au final…

Beau mais pas assez bien fait. Grand mais aussi trop petit. Novateur mais limité… Chaque point positif de ce jeu est malheureusement largement contestable par une multitude de points négatifs. Pokémon Épée et Bouclier était attendu comme le messie par les fans de la série, mais il n’est clairement pas à la hauteur des espérances. Game Freak a annoncé l’arrivée de deux DLC : le premier en juin 2020, le deuxième en automne 2020. Arriveront-ils à corriger les erreurs du jeu initial ? Rendez-vous d’ici quelques mois pour le savoir. Pour le moment, on peut dire sans honte que Pokemon et Nintendo ont véritablement loupé leur entrée sur les consoles de salon. 

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