O novo cinema Gallego ou le portrait d’une génération

O novo cinema Gallego ou le portrait d’une génération

10 octobre 2018 0 Par Julie Anglade
Le lancement de la 23 ème édition, ce vendredi, du festival Cinespaña, plus grand festival de cinéma espagnol en Europe hors Espagne, a donné le pas à un premier weekend riche en rencontres. Evénement phare de ces premiers jours de festival, la table ronde sur le nouveau cinéma Galicien s’est déroulée le dimanche 7 octobre.
Felipe Lage, Anxos Fazáns et Diana Toucedo, tout trois figures dominantes de cette nouvelle vague créatrice, étaient présents à cette rencontre pour nous expliciter leur univers artistique. Nés entre le milieu des années 80 et le début des années 90, ils sont cette génération qui porte les caractéristiques du cinéma galicien actuel.

O Novo Cinema Gallego

Depuis 2010 s’est formé en Galice un groupe de nouveaux réalisateurs souhaitant renouer avec leurs racines et porter la voix et l’âme de leur région à l’écran. Historiquement un des territoires les plus pauvres et les plus isolés d’Espagne, la Galice connait un retard au niveau du développement culturel et des formations proposées dans ce domaine. Ainsi la majorité des réalisateurs galiciens, à l’image de Diana Toucedo (Trinta Lumes) ou encore de Felipe Lage (producteur du célèbre documentaire Costa Da Morte), ont étudié dans d’autres régions, en particulier en Catalogne, ce qui leur à permis, entre autre, d’être en contact avec des cinéastes avant-gardistes.

Son évolution

La production galicienne est lancée dans les années 1980 avec trois premiers longs-métrages grâce à l’appui d’organismes institutionnels (comme la télévision galicienne). Elle va se développer petit à petit jusqu’à se stabiliser entre les années 90 et 2000. L’implication de ces institutions va fortement influer sur son histoire. Le documentaire de Oliver Laxe, Todos vós sodes Capitans, réalisé en 2010 marque le début de la reconnaissance du Novo Cinema Gallego. Son passage au festival de Cannes a permis une légitimation de ce cinéma émergent.

Des productions authentiques

Les productions se caractérisent par des moyens financiers modestes et un mélange entre le documentaire et la fiction octroyant une place très importante à l’environnement et à la nature allant jusqu’à les intégrer comme personnages quasiment principaux de la narration. Diana Toucedo expliquait ainsi :
La réalité du climat et notamment la presque omniprésence de la pluie avait imposé un rythme au tournage et au film en bridant par exemple la capacité de déplacement.
C’est en voyant comment le climat conditionne la vie des hommes de ce petit coin de Galice que la place du paysage comme personnage incontournable s’est imposé d’elle-même. L’environnement devient ainsi un moteur de création et une source d’inspiration primordiale. L’absence de grosses sociétés de production et de grands moyens financiers est de son point de vue une aubaine car cela permet d’avoir une page blanche sur laquelle créer, sans contraintes et sans objectifs commerciaux.
Pour Anxos Fazáns, c’est l’esthétique des corps et des mouvements qui priment. L’environnement reste cependant un élément essentiel dans le sens où il configure l’état émotionnel des personnages et des acteurs. Ainsi, pour son premier film A estación violenta, l’évolution de l’état d’esprit des personnages arrive en même temps qu’un changement de décors suffisamment frappant pour être clairement remarqué.
Je vous invite à découvrir cet univers cinématographique jusqu’au 14 octobre à la Cinémathèque de Toulouse. Le réalisateur de Dhogs, autre film galicien programmé, sera également présent le vendredi 12 octobre pour une rencontre exceptionnelle.