Les filles du Docteur March : Une romance du XIX ème siècle

Les filles du Docteur March : Une romance du XIX ème siècle

11 avril 2020 0 Par Manon Filipozzi
4.5
(4)

Tombée sous le charme de cet émouvant scénario si profond et bouleversant, je décide de vous partager ces quelques lignes sur les filles du Docteur March.

Synopsis

Dans le Nord-Est des États-Unis, en pleine campagne, une mère élève ses quatre filles pendant que son mari s’est engagé dans la so-called Guerre de Sécession (1860). Le récit se porte principalement sur les quatre soeurs : Meg l’ainée, Jo, Beth et Amy, la cadette. Elles font la rencontre de Laurie, un jeune homme aisé. Ce dernier va être au coeur de leurs nombreuses aventures, telles que l’amitié, la jalousie et encore l’amour impossible. Laurie va se lier principalement d’amitié avec l’indépendante Jo, âme d’écrivaine qui cherche son identité à travers ses écrits. C’est dans l’univers de ces jeunes femmes qui cherchent à s’épanouir que nous, téléspectateurs, sommes transportés dans un récit qui croise l’hiver 1861 et l’automne 1868.

Une touche de modernité à la littérature classique américaine

Pratiquement un siècle et demi plus tard, la grande et talentueuse Greta Gerwig a remit au goût du jour le roman de Louisa May Alcott, publié en 1868.

C’est d’abord, dans une première version sous forme muette et sur grand écran que Harley Knoles s’empare de l’histoire de la romancière. De nombreuses autres versions lui succéderont. Le challenge était donc très ambitieux pour la réalisatrice du XXI ème siècle. Et on peut dire qu’elle relève le défi avec succès !

Par quels moyens, y parvient-elle ? Elle modernise le récit sans s’éloigner de l’original. Elle fait le choix d’un récit non-linéaire, avec des effets de flash back et de retour dans le passé (flash forward). Greta Gerwig propose des échanges toniques, violents mais tout aussi bouleversants entre les personnages. Toutefois, même si par moment il est question de rivalités entre elles, ces dernières ne cherchent pas à justifier leurs moments de lâcheté et d’égoïsme. Une volonté de la part de la réalisatrice. En effet, malgré les conflits qui peuvent les diviser, les quatre soeurs restent entièrement humaines, elles ont toutes des défauts qui montrent une part essentielle pour leur accomplissement personnelle. En ce sens, elles apprennent de leurs erreurs. Les scènes sont tournées de manière si légères et authentiques que les téléspectateurs n’ont pas le temps pour un quelconque somnolement.  

De plus, la réalisatrice propose une diversité tant dans les paysages que dans le choix des couleurs. La période de 1861 propose des couleurs assez chaudes et claires, à l’inverse de l’automne 1868 accomplit un regard plus terne, avec des couleurs sombres. On ne peut que admirer la qualité et la prouesse des images filmiques.

À la recherche d’une identité féminine

Les filles du Docteur March mettent en lumière la question de l’émancipation de la femme au 19ème siècle. Dans notre société contemporaine, cette nouvelle adaption prend tout son sens. Le combat des femmes marquée par les inégalités des sexes fait notamment miroir avec la vie de la réalisatrice elle même et la place de la femme dans l’industrie du cinéma. Le roman, lui même, portrait l’ autodétermination et les ambitions des femmes dans la société. D’ailleurs, la grande mémorialiste et romancière, Simone de Beauvoir a toujours confiée s’être retrouvée dans le récit ainsi que sur les multiples adaptions écrans. Elle même, luttant dans les années 1970 pour la liberté des femmes à disposer de leurs corps. Elle remet en question la société patriarcale tout comme Louisa May Alcott l’avait fait en son temps.

À l’origine, la romancière, Louisa May Alcott s’est inspirée de sa vie personnelle familiale pour écrire son oeuvre. C’est tout simplement à travers le personnage de Jo March qu’elle fait le portrait de sa propre autobiographie. Une jeune femme qui cherche à construire son identité par ses écrits. Mais avant tout, une écrivaine engagée cherchant à faire sa place dans la littérature américaine malgré un secteur qui tend à marginaliser la femme, tout comme Jo. Ce scénario nous plonge dans l’univers de quatre jeunes adolescentes ou plutôt quatre jeunes femmes bien que trop peu jeunes pour notre époque d’acquérir le statu de « femme ». La réalisatrice nous balade entre deux époques : avant et après l’emancipation des jeunes femmes. Au moment où elle sont en train de vivre leur adolescence avec l’éducation de leur mère, une femme simple et noble. Puis celui où elles ont choisi en quelque sorte leur « destinée ».

Les quatre filles du Docteur March aux destins nuancés

Les soeurs sont élevées dans une famille humble qui se contente de la situation sociale peu élevée qu’elle possède et reste malgré tout au service des autres. Elles incarnent à ce titre le proverbe : ce sont ceux qui en ont le moins qui donnent le plus. De plus, les soeurs ont des liens indéfectibles qui les unissent. Mais entre-elles, il est possible d’assister à des scènes de déchirements. Ainsi, le téléspectateur au cours du film se demande quel destin est le plus souhaitable pour une femme au XIX ème siècle.

Le récit présente quatre personnalités différentes : La douce Meg, une grande soeur aimante qui veille sur ses soeurs. Une jeune femme qui agit au début selon les valeurs imposées aux femmes par la société à cette époque quitte à en perdre à un moment sa propre identité. Il y a, l’impulsive Jo, celle au libre esprit, en quête de liberté. Par son métier d’écrivaine elle tente de vouloir se démarquer des hommes dans ce milieu si cruel envers les femmes. On découvre aussi la discrète, douce et attachante Beth, talentueuse en piano. Et la cadette, l’orgueilleuse et fougueuse Amy, reflétant une femme en quête de trouver un homme fortuné ainsi qu’une bonne situation familiale, mais remettra t-elle en doute son idéal destin ?

Les actrices et acteurs sélectionnés pour ces rôles aussi bouleversants qu’irrésistibles créent le buzz auprès des cinéphiles. Principalement, les deux soeurs, les plus en conflit, celles qui rêvent d’une carrière artistique (peintre pour Amy) et de nouveaux horizons, il s’agit de Saoirse Ronan et Florence Pugh. Elles sont littéralement éblouissantes. La voie vers les nominations aux Oscars est grande ouverte. C’est d’ailleurs dans un de ses dernier post que la jeune actrice américaine Florence Pugh avait affirmé avoir reçu une nomination aux Oscars. C’est donc, un casting à la pointe de la perfection !

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