Cinespaña : Yuli, sur les traces du danseur étoilé cubain, Carlos Acosta

Cinespaña : Yuli, sur les traces du danseur étoilé cubain, Carlos Acosta

7 décembre 2019 0 Par Manon Filipozzi

Le festival culturel espagnol, Cinespaña, s’est déroulé à Toulouse début octobre. Nombreux sont les curieux qui ont assisté à la programmation de l’événement. PauseCulture.fr à eu l’opportunité d’y participer et de découvrir une multitude d’oeuvres hispaniques. Ainsi, le 9 octobre, nous avons pu assister à la diffusion du film de la réalisatrice espagnole Iciar Bollain : Yuli (juillet 2019 en France).

Synopsis

Yuli, est un jeune garçon turbulent âgé d’une dizaine d’années. Il vit dans les rues Cubaines de la Havane, des années 1990. Au sein d’un milieu défavorisé, le petit Yuli à un don artistique inné. Il va devenir danseur sans l’ambition particulière de le vouloir. Il se destine à une carrière de footballeur comme la plupart des garçons de son âge dans ces quartiers pauvres. Grâce à son père, il va passer une audition dans l’école de danse de Cuba. Dès lors, il va très vite être repéré. Puis, se perfectionner et rencontrer le succès en tant que danseur de ballet international. Un parcours exceptionnel qui fait réfléchir sur sa propre destiné.

Le destin de Carlos Acosta : une carrière exceptionnelle

Le film reprend trait pour trait la vie de l’époustouflant Carlos Acosta. En effet, le film est avant tout fondé sur l’autobiographie de Carlos Acosta : No way home : a Cuban danser’s story (2007). Ce dernier qui, lui même, interprète son propre rôle dans le film.

Le charme de cette histoire est principalement engendré par la relation qu’entretien le père avec son fils. D’un côté, on a un père (Santiago Alfonso) dur et violent qui se bat pour mettre son fils sur la bonne voie et lui construire un avenir plus prospère que le sien. Un père, chauffeur routier possédant un faible revenu. De l’autre, on a un enfant (Edison Manuel Olbera) têtu et dissident qui veut imposer sa propre volonté. C’est à dire, un enfant rêveur, comme un autre cubain ayant une passion pour le football. Mais aussi, une préférence pour les musiques de Hip-Hop que celles du ballet. Il va devoir être confronté et poussé par son père avant de comprendre l’enjeu véritable qu’il y a de poursuivre sur ce parcours. Aujourd’hui, Carlos Acosta atteste qu’il ne serait jamais arriver là sans son père :

« L’étoile de ma vie, c’est mon père, dit Acosta. Sans lui, je serais devenu un voyou. »

Carlos Acosta, interview dans lepoint.fr du 17.07.2019

Le talentueux, Carlos Acosta, finit par intégrer le Royal Ballet de Londres ou encore l’American Ballet Theatre, des lieux très brillants et remarquables. Il reçoit le titre de Commandeur de l’Ordre Britannique après avoir décider de se retirer du ballet de Londres en 2015. De plus, son histoire ne s’arrête pas là. Il est vrai que le film nous accompagne dans une temporalité indéfinie. Il nous montre principalement l’apogée de l’accomplissement personnel de Yuli. Effectivement, la vie du virtuose continue, aujourd’hui, il n’a que 46 ans, et se dévoue dans une compagnie de danse appelée « Accosta Danza » située à La Havane. Il espère promouvoir de nouveaux talents.

Yuli, un film moralisateur et sensoriel

La réalisatrice et ses acolytes Ken Loach, Paul Laverty partagent la volonté de donner la parole à ceux mit de coté et principalement de lutter contre l’injustice sociale. En effet, dans Yuli, il est mit en avant dans un environnement appauvri : des rues étroites et des bidonvilles par exemple. Malgré le cadre social dans lequel le petit garçon vit. Son père veut destiner Yuli à une carrière de danseur. Assez peu commun dans un milieu fait de « violence » et de « gangs », là où les danseurs ne sont pas forcément tolérés. On découvre un peu plu profondément la ville de Cuba pour faire le lien entre deux background sociales : le bas et le haut.

Le film est tout à la fois une véritable déclaration d’amour aux origines Cubaines. Cuba est une ville aux activités artistiques multiples. Le film n’est pas seulement porté par des mots mais par les chorégraphies et les sensations que peuvent procurer les mouvements de danse. L’audience assiste à des scènes de danses grandioses réalisées par Carlos Accosta, lui-même.

De plus, c’est un film très prenant. Pour ma part, je me suis laissée porter par les émotions qui ressortent des musiques et des scènes de danse. À travers ce film, on peut comprendre que nos origines sociales ne définissent pas notre futur. Enfin, qu’il y a sans doute un destin pour chacun. Effectivement, le portrait de Carlos Accosta le démontre bien. Il est le premier noir cubain à avoir atteint un succès renommé mondial malgré ses origines sociales.