carrie, "ma vie"

Carrie, Lettre VIII, « Ma vie », 1991

Je posai les pieds au sol et je me retournai vers le mur du fond de la pièce, et d’un seul le geste, je fis un trou dans celui-ci. Derrière, se trouvait encore ce haut mur, surmonté de barbelés, qui avait, auparavant, rendu ma fuite difficile. Cette fois-ci, mes pouvoirs étaient présents, et ils pouvaient me permettre de sortir de l’asile sans soucis. Mais, me rendaient-ils invincible ? Car je vis de nombreux gardes qui attendaient, comme s’ils avaient prédit que je sortirais de cette manière et m’enfuir par là. Dès que je passai un pied de l’autre côté du mur, ils se mirent en joue. Ils connaissaient alors le danger que je représente. Ils restaient là, attendant que je bouge pour faire feu sur moi.

Ils semblaient vouloir tirer seulement si j’essayai de les tuer. Voulaient-ils, sans doute, ne pas me faire de mal ? Mais ils ne se rendaient pas compte, qu’en me traitant ainsi, ils ne me rendaient pas la vie facile, et encore moins libre. Je ne demandais rien. Seulement ma liberté. Ici, j’étais enfermée tous les jours de la semaine et je ne voyais pas le ciel, la nature. Je ne voyais que des visages atteints par les maltraitances que les détenus subissaient. Je n’entendais que des cris de douleur, de peur, ou encore des pleurs de détenus souffrant atrocement. Aussi bien moralement que physiquement. Ils disent ne pas vouloir me faire de mal, mais m’aident-ils à leur faire confiance ? A accepter cette situation horrible, insoutenable ? Ce n’est sans doute pas en traitant les gens ainsi, qu’ils vont obtenir la confiance de tous.

Derrière moi, aucun bruit n’émanait du couloir. Les gardes semblaient s’être tous rassemblés derrière le mur de la pièce, pensant que je chercherais à m’enfuir par ici. Serais-je capable de faire face à tant de gardes et de m’enfuir ? Ma volonté de m’enfuir et de retrouver une vie normale était si grande que même si je savais que mes pouvoirs étaient limités, je ne voulais pas faire un pas en arrière. Je tendis alors les bras en avant, mon corps se souleva, un orbe de feu se créèrent dans la paume de mes mains, et d’un grand geste, je les jetai sur les gardes qui m’entouraient. Par leur explosion au contact du sol, ces orbes mirent feu aux gardes. Je pris beaucoup de plaisir à admirer cette scène. Ils couraient dans tous les sens, certains essayaient d’enlever leurs vêtements en flammes, d’autres se roulaient par terre, etc… Je riais, écartant un bras de chaque côté de mon corps, la tête levée au ciel. Maintenant, je contrôlais mes pouvoirs. Puisque, par ma volonté, je réussissais à remettre pieds à terre. Une fois les pieds au sol, j’avançai, regardant par moment à gauche et à droite pour voir les dernières secondes de vie des gardes encore en agonie. Arrivée devant les remparts, toujours surmontés de barbelés, je le détruisis et m’enfonçai dans la forêt qui se trouvait derrière.

Je n’avais probablement pas tué tous les gardes de l’asile qui essaieraient alors de me retrouver. Je n’étais non plus pas invincible donc il fallait que je m’enfuie au plus vite et le plus loin possible pour ne pas avoir à refaire un séjour dans l’asile qui maintenant, me traumatisait. Mais comment allais-je leur échapper ? Comment pouvais-je me cacher sur une île aussi petite ? Y a-t-il un moyen que je contacte le monde ? Y a-t-il des bateaux qui approvisionnent les habitants de l’île ? Il fallait que je quitte cet enfer.

Laisser un commentaire