Accueil » Blog » Exposition temporaire : La vie quotidienne des Toulousains de 1938 à 1944 par Germaine Chaumel

Exposition temporaire : La vie quotidienne des Toulousains de 1938 à 1944 par Germaine Chaumel

Le musée de la Résistance et de la déportation accueille curieux et passionnés à revivre le passé de la Ville rose pendant la seconde guerre mondiale sous l’occupation allemande. Grâce en partie à l’exposition temporaire des photographies faites par la très célèbre toulousaine, Germaine Chaumel, les visiteurs sont plongés dans la vie quotidienne des années 40 de Toulouse.

Partons donc à la découverte de la charmante portraitiste et du Toulouse des années 40 !

Sur les traces d’une artiste toulousaine humaniste

Germaine Chaumel (1895-1982)

Germaine Chaumel est dès son enfance destinée à une carrière d’artiste. Effectivement, depuis son plus jeune âge, Germaine côtoie diverses sphères artistiques: la musique, le dessin ainsi que la photographie. En grande artiste, elle se consacre au chant d’opérette, au piano, mais c’est dans la photographie qu’elle s’épanouira. Devenue passionnée de cet art, elle se concentre entièrement sur la photographie en délaissant l’art lyrique. Elle va ainsi transformer la maison familiale en un véritable atelier photos. Mais sa carrière de portraitiste ne s’arrête pas là !

Bien au contraire, elle fonde en compagnie d’une équipe de onze photographes, le Cercle photographique des XII. La fondation met au point une nouvelle discipline, recherchant l’authenticité des images. Le but étant de faire des images choc sans artifices en s’opposant au traditionalisme des autres clubs photographiques de Toulouse.

De plus, elle devient reporter photographe pour la presse locale Toulousaine, par exemple LaGaronne, La Dépêche de Toulouse, mais aussi elle collabore avec la presse nationale comme Paris Soir, France-Presse et l’AFP. Par la suite, elle travaillera même avec la presse internationale, The New York Times ou encore Keystone. De par sa notoriété grandissante dans les années 40, différents journaux demandent à Chaumel de capturer l’actualité. Elle est donc envoyée vers la frontière espagnole au moment de la retirada. Puis, elle va être mandatée en 1940 pour photographier l’arrivée des républicains espagnols exilés à Toulouse.

Cependant, après la guerre, elle s’en va pour la capitale, captivée par de nouvelles passions notamment le stylisme. Chaumel mettra fin à sa carrière de photographe même à son retour dans la Haute-Garonne quelques années plus tard.

Femme inspirante et engagée du XXème siècle : les clichés quotidiens sous l’occupation

La vie à Toulouse pendant l’occupation ? Une vie au contact de l’ennemi…

Germaine Chaumel se spécialise dans le portait tant elle aime faire passer à travers ses photographies les émotions qui en découlent. Munie de son Rolleiflex, elle passe son temps à silloner les rues toulousaines pour immortaliser chaque instant de vie sous l’occupation. Principalement, elle met en avant les moeurs de la société toulousaine, qui pendant l’hiver de 1941 connait grande misère et pauvreté. Mais aussi, elle s’inspire du contexte de guerre pour mettre en avant dans ses clichés la manière dont les Toulousains se sont adaptés.

Ainsi, elle capte les nombreuses activités de la vie courante qui continuent malgré la présence de l’ennemi. L’un de ses clichés les plus célèbres présente un homme en train de manger à la soupe populaire.

Photographie prise à l’exposition temporaire de Germaine Chaumel au Musée de la Résistance et de la déportation à Toulouse

Son travail retranscrit avec brio les moeurs de cette ville qui est déjà bien animée à l’époque. Capturant les événements populaires, les loisirs sportifs et culturels. Elle se rend aux rencontres de rugby, au devant des départs de courses de cyclisme mais elle prend aussi en photo les enfants qui jouent au football dans petites rues étroites toulousaines. Toutes les occasions sont bonnes pour Chaumel d’immortaliser l’instant, le brouhaha populaire dans la ville, lors de manifestations sur la place du capitole, dans les magasins et sur les marchés dominicaux.

Photographie prise à l’exposition temporaire de Germaine Chaumel au Musée de la Résistance et de la déportation à Toulouse

Germaine Chaumel veut faire partager son amour pour les gens d’une manière douce et profonde que l’on ressent dans ses portraits. Beaucoup la décrivent comme empathique et ses photos témoignent d’une vision émotive et sensible des toulousains.

Ses clichés ont permit d’obtenir des photos d’époque qui sont à ce jour des sources précieuses. C’est une exposition qui retrace l’histoire Toulousaine avec précisions et sens.


Écrit par Manon Filipozzi

Print Friendly, PDF & Email

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.